La classe sous un arbre…

Publié le 16 décembre 2009 | Modifié le 31 mars 2016

En Ouganda, des écoles mobiles permettent aux enfants de communautés nomades de suivre les cours.

Tout juste après le lever du jour, dans le district de Moroto, au nord-est de l’Ouganda, 14 décembre 2009. Il est encore tôt mais des enfants Karamoja font déjà la file devant le centre d’éducation alternative. Ces écoliers ont entre deux et dix-neuf ans. Certains arrivent en portant leurs petits-frères ou petites sœurs sur leurs dos.  Une jeune fille amène un tableau noir. Elle l’a transporté depuis chez elle et l’installe contre l’arbre, à l’avant de la « salle de classe ». Deux autres enfants portent une boîte remplie de petites ardoises et de craies, qui seront distribuées aux enfants pendant la leçon. Au sol, des lignes tracées à la cendre démarquent la salle de classe du reste du terrain poussiéreux.

Pour une école accessible

 

Le centre de Namatwe est l’une des 111 écoles mobiles qui ont vu le jour dans le district  de Moroto. Ces établissements permettent aux enfants Karamoja de bénéficier d’une éducation. « Cette communauté pastorale se déplace d’endroit en endroit. Construire une école à un lieu fixe pour ces enfants ne correspond pas à leur mode de vie », explique Samuel Loduk, chargé de superviser ces centres d’éducation à Nadunget. Les «classes mobiles» collent donc aux besoins de cette population nomade. Les cours se déroulent d’abord tôt le matin, pour que les garçons puissent emmener les animaux paître durant la journée. Ils reviennent ensuite participer à des cours le soir.

 

« L’éducation est une lumière »

 

Pour que ces écoles puissent fonctionner, l’Unicef distribue du matériel scolaire. Mais aussi des kits de récréation. L’Unicef apporte aussi son soutien pour la formation des enseignants, tous issus de la communauté Karamoja. Ils apprennent à donner les cours d’alphabétisation et de calcul à partir de livres en anglais et en langue NgaKarimojong.

 «Je parcours le village pour dire aux parents de mettre leurs enfants à l’école, raconte Nakut Rose, membre de la communauté Karamoja. Nous devons être sûrs que nos enfants  ne manquent pas l’opportunité d’avoir une vie meilleure »  Nangiro Lowuya, père de trois jeunes enfants approuve cette idée. Pour lui, qui a passé sa vie à élever du bétail comme son père et son grand-père dans des conditions très difficiles, il est aujourd’hui important d’envoyer ses enfants à l’école « pour qu’ils aient un meilleur futur ». « L’école, c’est très important, poursuit le père de famille. L’éducation, c’est la lumière.»

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