La longue marche de Maria, une maman atteinte du VIH

Publié le 30 novembre 2017 | Modifié le 01 décembre 2017

Avant de conseiller des mères atteintes du VIH, Maria a elle-même connu une dépression en apprenant qu’elle était séropositive. L’aide apportée par un programme financé par l’UNICEF l’a aidée à rebondir.

Maria a mis très longtemps à rentrer chez elle le 10 février 2011. Après des années passées à espérer avoir un enfant, une infirmière lui a confirmé ce jour-là qu’elle était enceinte. Mais la joie de Maria a été de courte durée : lors de cette consultation, on lui a révélé sa séropositivité. Maria devra prendre des antirétroviraux toute sa vie.

Au Malawi, on recommande à toutes les femmes enceintes de se faire dépister afin d’empêcher la transmission du VIH de la mère à l’enfant, ce qui a permis de sauver de nombreux enfants. Quand Maria a fait le test, elle était persuadée de ne pas être porteuse du virus. Apprendre qu’elle était séropositive fut un choc terrible.

« J'ai cru que j'allais mourir sur le coup »

Une question lancinante lui revenait en tête : comment annoncer une telle nouvelle à son mari Davis ? Fallait-il lui en parler ou le lui cacher ? Accablée et nerveuse, elle a envisagé tous les scénarios possibles, mais l’angoisse pesait sur ses épaules. C’est avec ce lourd fardeau qu’elle a lentement cheminé jusqu’à sa maison.

« Quand on m’a dit que j’étais séropositive, j’ai été tellement anéantie que j’ai cru que j’allais mourir sur le coup, a-t-elle confié. Pendant des semaines, j’ai été incapable de dormir. La seule chose à laquelle je parvenais à penser, c’est que j’étais en train de mourir. » Profondément déprimée, Maria n’a pas éprouvé la moindre joie lors de la naissance de son fils.

Elle a finalement décidé de parler à son mari de son statut sérologique. À sa grande surprise, il lui a exprimé tout son soutien. Il s’est lui aussi fait dépister, ce qui a permis de découvrir qu’il était séronégatif. Il a encouragé son épouse à prendre ses médicaments et une telle réaction a aidé Maria à se sentir moins seule face au virus.

« Il est possible de garder espoir »

Le déclic qui a permis à la jeune mère de rebondir est arrivé avec la visite d’un professionnel de santé à son domicile. Alerté par la dépression de Maria et par son importante perte de poids, il l’a encouragée à se rendre à la clinique et à participer au programme « DeMamanÀMaman », financé par l’UNICEF, qui aide les femmes atteintes du VIH à vivre avec. Au sein de ce même programme, un poste s’est libéré et Maria a pu devenir une des conseillères.

« La formation avec ‘DeMamanÀMaman’ a changé ma vie et m’a aidée à voir qu’il était possible de garder espoir, a-t-elle confié. Je n’aurais jamais pensé que je pourrais avoir un travail tout en étant séropositive. Et en plus de cela, grâce à cet emploi, j’ai été en mesure de nourrir ma famille. On ne manque de rien. […] Je suis en pleine forme et j’ai l’impression que rien ne peut me résister. »

Maria a donné naissance à un deuxième enfant, lui aussi séronégatif. Aujourd’hui, elle continue à travailler pour « DeMamanÀMaman », où elle partage son expérience avec d’autres mères séropositives. Son rêve est de donner aux femmes de l’espoir quand elles rentrent chez elles en apprenant qu’elles sont porteuses du VIH.

Pour beaucoup de femmes, Maria est devenue une figure rassurante : « Il est souvent plus facile pour les femmes, et particulièrement les adolescentes, de se confier aux conseillères plutôt qu’au personnel hospitalier ou même à leur famille », a expliqué Jessie Kaume, qui gère le programme « DeMamanÀMaman » au Malawi. Et pour Maria, qui avait connu des difficultés pour avoir des enfants, avoir deux enfants séronégatifs et pouvoir aider d’autres enfants à voir le jour sans le virus est une chance inestimable.

Avec l’apport de ce programme soutenu par l’UNICEF, Maria envisage l’avenir avec confiance pour elle et ses enfants, mais aussi pour des milliers de femmes atteintes du VIH.