L'Afghanistan, un pays en crise profonde

Publié le 16 octobre 2021

Résumé des déclarations du directeur général adjoint d'UNICEF, Omar Abdi, sur l'Afghanistan lors du point de presse quotidien du Bureau du porte-parole du Secrétaire général.

New York, le 15 octobre 2021 – « L'Afghanistan est un pays en crise profonde, et ceux qui en sont le moins responsables - les enfants du pays - en paient le prix le plus lourd.

Avant même la prise de pouvoir par les Talibans, au moins 10 millions d'enfants à travers le pays avaient besoin d'une aide humanitaire pour survivre.

Au moins un million de ces enfants risquent de mourir de malnutrition aiguë sévère sans traitement immédiat.

Au bord de l'effondrement

Le système de santé et les services sociaux sont au bord de l'effondrement.

Le matériel médical s'épuise dangereusement.

Nous constatons déjà une augmentation des cas de rougeole et de diarrhée aqueuse aiguë. La polio reste une préoccupation.

J'ai visité l'hôpital pour enfants et j'ai été choqué de voir à quel point il était rempli d'enfants souffrant de malnutrition, dont certains étaient des bébés.

Les enseignants et le personnel de santé n'ont pas été payés depuis au moins deux mois - et pourtant ils continuent de travailler.

Et comme le Secrétaire général vous l'a dit en début de semaine, le système économique est au bord de l'effondrement.

La situation est critique et elle ne fera qu'empirer.

Nous prévoyons que les besoins humanitaires des enfants et des femmes augmenteront au cours des prochains mois en raison d'une grave sécheresse et de la pénurie d'eau qui en résulte, d'un environnement sécuritaire incertain, de la poursuite des déplacements, des conséquences socio-économiques dévastatrices de la pandémie de COVID-19 et de l'arrivée de l'hiver.

De la nécessité de l'éducation des filles

Au moment où je m'adresse à vous aujourd'hui, des millions de filles en âge de fréquenter l'école secondaire sont privées d'éducation pour le 27e jour consécutif. Lors de mes rencontres avec les autorités, je leur ai fait comprendre la nécessité de laisser les filles reprendre leur apprentissage. C'est essentiel pour les filles elles-mêmes - et pour le pays dans son ensemble.

J'aimerais ici partager quelques statistiques sur l'éducation en Afghanistan :

  • Le nombre d'enfants scolarisés est passé de 1 million en 2001 - la plupart étant des garçons - à près de 10 millions d'enfants, dont 4 millions de filles, à l'heure actuelle.   
  • Le nombre d'écoles a triplé, passant de 6 000 à 18 000.
  • Malgré ces progrès, 4,2 millions d'enfants ne sont pas scolarisés, dont 2,6 millions de filles.

Les acquis en matière d'éducation des deux dernières décennies doivent être renforcés, et non pas réduits à néant.

Intensifier l'aide humanitaire

Enfin, un mot sur nos opérations.

Nous sommes présents en Afghanistan depuis plus de 70 ans et apportons notre aide à ceux qui en ont le plus besoin.

Nous avons intensifié nos programmes dans tout le pays en accédant à des zones qui étaient auparavant interdites. UNICEF dispose de 13 bureaux dans le pays, en plus de notre bureau principal de Kaboul.

Nous effectuons notre travail selon les principes humanitaires d'humanité, de neutralité, d'impartialité et d'indépendance.

UNICEF, l'ONU et les partenaires humanitaires ne ménagent pas leurs efforts pour surmonter les déficits financiers, les défis logistiques et une situation géopolitique de plus en plus complexe afin de soutenir les millions de femmes, d'hommes et d'enfants en Afghanistan qui dépendent de l'aide humanitaire et de la protection.

Les autorités, les États membres des Nations unies, les donateurs, les organisations humanitaires et les autres parties prenantes doivent se mobiliser immédiatement pour éviter une nouvelle catastrophe humanitaire en Afghanistan. »