L'annulation de la dette n'est pas la panacée

Publié le 14 septembre 2005 | Modifié le 16 février 2016

Les efforts de lutte contre la pauvreté ont reçu de nouveaux soutiens avec la promesse formulée par l'Union européenne d'atteindre 0,51% du PIB d'ici 2010 et l'effacement de 40 milliards de dollars de la dette des pays pauvres très endettés (PPTE) annoncé au mois de juillet par le G8 lors du Sommet de Gleneagles.

Cependant, la dette n’est pas l’unique entrave au développement. Le destin des pays est largement conditionné par l’orientation de leurs politiques économiques et sociales, leurs efforts de gouvernance, les options commerciales et financières mondiales ou encore l’évolution quantitative et qualitative de l’aide internationale. Les 18 pays concernés par la mesure annoncée économiseront un milliard de dollars par an mais reste à savoir comment les autres flux d’aide s’ajusteront. En outre, si le sommet du G8 a représenté une avancée majeure en ce qui concerne la dette des pays pauvres, un grand nombre de pays à faibles revenus éprouvent toujours des difficultés à répondre à leurs obligations de remboursement.

C’est pourquoi il faut redéfinir l’endettement tolérable comme étant le niveau d’endettement qui permet à un pays d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement avec l’assurance que les ratios d’endettement n’auront pas augmenté en 2015. En outre, le bénéfice des annulations de dette ne va pas forcément à la lutte contre la pauvreté. Par exemple, au Nicaragua, une enquête d’Alternatives internationales (septembre 2005) montre que le gouvernement a consacré l’équivalent de ce qu’il recevait en annulations de dette extérieure au service de sa dette intérieure, détenue essentiellement par quelques riches Nicaraguayens.

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