L'arsenic dans l'eau

Publié le 09 avril 2006 | Modifié le 05 janvier 2016

Au Bangladesh, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été intoxiquées en consommant de l'eau présentant un fort taux d'arsenic. Retour sur les causes de ce drame et sur les solutions mises en place par l'Unicef pour stopper la contamination et aider les malades.

Partout dans le monde, de plus en plus de personnes utilisent les nappes phréatiques comme première source d’eau potable. L’eau des nappes phréatiques est plus sûre que l’eau de surface qui peut être hautement contaminée par des bactéries et des virus.

Depuis que l’Unicef et d’autres agences humanitaires ont commencé il y a plus de 25 ans à promouvoir l’utilisation de puits tubulaires pour accéder à l’eau potable – en lien avec le développement de thérapies de réhydratation orale et d’assainissement de base – la mortalité infantile due aux maladies liées à l’eau a chuté significativement.

Mais en Asie et dans d’autres régions du monde, les nappes phréatiques peuvent être contaminées par l’arsenic - qui peut s’infiltrer via des sols contenants de l’arsenic. Auparavant, la présence d’arsenic n’était pas contrôlée systématiquement dans les nappes phréatiques.

La présence d’arsenic dans l’eau est devenue un problème majeur de santé publique qui affecte plus de 50 millions de personnes, la grande majorité en Asie du sud et du sud-est. Les pays les plus affectés sont le Bangladesh, l’Inde, la Chine, le Vietnam, le Pakistan, le Népal, Myanmar, le Cambodge et le Laos.

La qualité de l’eau est un enjeu fondamental pour plus d’un milliard de personnes dans les pays en développement. La présence d’arsenic dans les nappes phréatiques est une part grandissante du problème – principalement en Asie. Les puits tubulaires y sont très répandus car beaucoup de sources d’eau en surface sont insalubres. On estime que plus de 50 millions de personnes en Asie sont exposées à ce risque.

Dans les pays où il existe une pollution de l’eau par l’arsenic, l’Unicef travaille avec les gouvernements pour aider les familles à trouver d’autres sources d’eau non polluée. L’Unicef aide les gouvernements à contrôler la quantité d’arsenic dans les puits et à marquer ceux dont l’eau ne doit pas être consommée (boisson, cuisine), mais peut être utilisée pour le lavage par exemple. L’Unicef aide à atténuer la situation en trouvant des alternatives peu coûteuses pour accéder à l’eau potable comme la récolte de l’eau de pluie, ou le traitement de l’eau polluée par l’arsenic. L’Unicef sensibilise les familles au problème et donne des solutions pour agir localement.

L’Unicef soutient également les services de santé à identifier et à traiter les symptômes de l’arsénicisme.

Situation au Bangladesh

L’Unicef est très concerné par le problème de l’arsenic au Bangladesh et ses effets en particulier sur les enfants. Depuis plusieurs années, l’Unicef travaille en étroite collaboration avec le gouvernement du Bangladesh, et avec des partenaires comme l’OMS ou la Banque mondiale dans un effort intensif pour aider le gouvernement à atténuer le problème de l’arsenic et à construire une capacité nationale pour fournir de l’eau propre.

Le Bangladesh a fait d’énormes progrès en matière d’approvisionnement en eau avec la généralisation de l’utilisation des puits tubulaires. 97% des Bangladeshis ont accès à un point d’eau. Cependant suite à la découverte d’arsenic dans les nappes phréatiques, seulement 76% de ces points d’eau sont sans danger.

La contamination de l’eau par l’arsenic affecte une grande partie du pays. S’occuper du problème signifie établir un système national de contrôle de la qualité de l’eau en renforçant et en développant des installations pour laboratoires dans le pays, et conserver une base de données nationale sur la contamination.

L’approvisionnement en eau potable dépend également du réseau d’assainissement et des bonnes pratiques en matière d’hygiène. La qualité de l’eau doit être contrôlée et maintenue. Les activités de l’Unicef permettent de donner à la population un accès permanent, sûr, pratique et peu coûteux à un point d’eau. Cela signifie aider les communautés pour acquérir des connaissances géologiques et d’ingénierie afin de créer un accès à l’eau, l’entretenir et contrôler sa qualité.

Actions de l’Unicef au Bangladesh :

  • 5 000 000 de puits tubulaires ont été testés.
  • 15 000 agents de santé, 8 000 testeurs en arsenic et 1 600 médecins ont été formés.
  • Plus de 15 millions de personnes ont été sensibilisées aux risques de l’arsenic grâce à des campagnes de communication et à des discussions pendant les tests.
  • Plus de 3 700 points d’eau potable ont été installés grâce aux contributions des communautés.
  • Une base de données nationale a été mise en place.
  • Une enquête sur les connaissances, les gestes et les pratiques face à l’arsenic a été menée dans 15 upazilas.
  • La capacité du DPHE a été élargie pour permettre de continuer sans assistance à tester les puits et à sensibiliser la population.
  • La direction générale des services de santé développe ses activités pour identifier et prendre en charge les patients atteints d’arsénicisme.

Plus d’informations sur le site de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) :
http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs210/fr/
http://www.who.int/water_sanitation_health/diseases/arsenicosis/fr/

Soutenir nos actions