Le patient travail de réinsertion des enfants soldats au Tchad

Publié le 12 février 2010 | Modifié le 31 mars 2016

Bien qu’il n’existe aucun chiffre officiel, on estime à 7000 le nombre d’enfants associés aux groupes armés au Tchad. 240 d’entre eux ont été "libérés" en 2009 et 121 enfants ont été réunifiés avec leur famille. 152 enfants étaient encore en transit dans les Centres de Transit et d’Orientation (CTO) de N’Djamena à la fin décembre 2009.

Sur les 127 jeunes entre 14 et 18 ans inscrits dans le domaine socioprofessionnel de réinsertion, 60 ont achevé avec succès leurs programmes de formation professionnelle (notamment dans les domaines de la cuisine, du forage-assemblage manuel et maintenance de pompes à eau, de mécanique automobile, de culture vivrière et maraîchère), 22 ont été recrutés par leurs formateurs et 8 attendent la confirmation de l’embauche. 30 jeunes ont développé des activités génératrices de revenus dont 16 dans l'agriculture et l'aviculture et 14 autres dans des petits magasins de vente de détail.

L’Unicef soutient deux CTO à N’Djamena, d’une capacité d’accueil de 100 enfants chacun. Ces centres proposent des activités et un soutien pour aider les jeunes à reprendre une vie normale. Les enfants sont nourris, suivis médicalement et psychologiquement. Suivant leur age et leur parcours, ils se voient proposer un retour à l’école ou une formation professionnelle.

Les enfants passent généralement 3 mois dans le CTO. Certains d’entre eux sont ensuite placés dans des entreprises où ils peuvent avoir l’opportunité de décrocher un emploi après leur formation.

Beaucoup d’obstacles à contourner dans ce programme : le processus de réunification est assez long, en raison de l’insécurité qui règne dans le pays et notamment dans la zone (Est) dont les enfants sont originaires. Il faut donc trouver des solutions alternatives pour que les enfants puissent reprendre une vie normale.

Certains jeunes vivent aujourd’hui autonomes. En effet, ils travaillent ou suivent une formation professionnelle et ne vivent plus au CTO mais dans des maisons ou appartements avec d’autres de leurs camarades. Leur loyer est pris en charge pendant quelques semaines ou mois, puis, s’ils le peuvent, ils le payent ainsi que leur nourriture.

Autre obstacle, le manque d’emplois dû à la situation économique précaire du pays. Dans ce contexte, il est difficile pour les jeunes de trouver un emploi dès la formation terminée, surtout dans des zones plus reculées.

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