Le VIH/SIDA met en péril les progrès accomplis en Ukraine

Publié le 10 mai 2004 | Modifié le 31 août 2015

« Le taux de prévalence du VIH en Ukraine est l’un des plus élevés d’Europe de l’Est, a fait valoir Mme Bellamy, mais le plus alarmant, c’est la vitesse à laquelle il se propage, ce qui affecte les enfants et adolescents de manière disproportionnée ».
En Ukraine, le VIH se propage surtout par le partage de seringues contaminées pour l’injection de drogues par intraveineuse et, dans une proportion moindre mais croissante, par des rapports sexuels sans protection chez les jeunes. La transmission du VIH de la mère à l’enfant est passée de 2 % des infections totales en 1997 à 13 % en 2001, et si 57 % des infections sont recensées chez les individus de sexe masculin, on compte de plus en plus de jeunes femmes séropositives.
« Les dirigeants nationaux et locaux doivent intervenir immédiatement et de façon concrète, avec l’aide de la communauté internationale, contre l’extrême vulnérabilité des jeunes face au VIH », a dit Mme Bellamy.  
La crise du SIDA en Ukraine s’inscrit dans un tableau régional plus vaste
Dans son ensemble, l’Europe de l’Est a enregistré 1 300 % d’augmentation de son taux de prévalence de l’infection à VIH entre 1996 et 2001, un rythme choquant, et cela dans un contexte d’agitation sociale, d’inégalités grandissantes et d’un élargissement des réseaux de trafic de drogue.
« Il y a beaucoup trop de jeunes accablés par la pauvreté, un chômage élevé et un avenir sans espoir, a dit Mme Bellamy. C’est de cela que se nourrit le trafic de drogue, qui, à son tour, nourrit l’épidémie de VIH. »
Dans la région, plus de 80 % des personnes vivant avec le VIH/SIDA ont moins de trente ans, alors qu’en Europe de l’Ouest et aux Etats-Unis, la proportion de jeunes de moins de 30 ans au sein de la population séropositive s’élève à 30 % seulement.
L’accès aux rares services disponibles est particulièrement limité pour les jeunes, surtout pour les groupes comme les toxicomanes ou les personnes qui travaillent dans l’industrie du sexe. Les membres des groupes à risque sont souvent victimes de rejet ou d’exclusion sociale, quand ils ne sont pas incarcérés, ce qui accélère encore la propagation du VIH. Moins de cinq % des toxicomanes par voie intraveineuse ont accès à des programmes ou des services destinés à réduire leurs risques d’infection au VIH.
« Cette situation est obscène : ce sont les personnes les plus vulnérables qui ont le moins de chance de trouver le soutien dont elles ont besoin pour prévenir la contamination par VIH », a constaté Mme Bellamy. Un sondage de l’UNICEF montre que moins de 70 % des adolescents ukrainiens savent que les préservatifs constituent un bon moyen de prévention. Nombreux sont les jeunes Ukrainiens qui ne savent pas que l’abstinence sexuelle, la diminution du nombre de partenaires sexuels ou le renoncement aux drogues injectables diminuent les risques. 
Un régime pauvre en iode
Bien que l’Ukraine produise et exporte du sel iodé, moins de 20 % des ménages en consomment suffisamment pour éviter les carences. Une étude datant de 2002 confirme la présence d’une légère carence en iode dans tout le pays, et de graves problèmes dans le nord et l’ouest. Cela se traduit par un amoindrissement des capacités mentales chez les enfants, avec d’énormes conséquences sur la croissance et la prospérité futures du pays.
« On peut facilement éliminer les troubles dus à une carence en iode, a rappelé Mme Bellamy. L’équivalent d’une cuillère à café d’iode répartie sur toute une vie suffit à protéger un individu. Le sel iodé est considéré dans le monde entier comme le moyen le plus efficace, le plus sûr et le moins coûteux de toucher les populations. » Les législateurs d’Ukraine doivent intervenir pour que tout le sel produit dans le pays soit désormais iodé.
Les carences en iode ont aggravé les effets dévastateurs de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, en 1986. Le manque d’iode a fragilisé les Ukrainiens contaminés par l’iode radioactive lâchée dans l’atmosphère suite à l’explosion, ce qui a provoqué une augmentation des cancers de la thyroïde.

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