Léonie : « Être bénévole à l’UNICEF, c’est donner du sens à sa vie »

Publié le 16 août 2016 | Modifié le 17 août 2016

Présidente du comité UNICEF d’Ille-et-Vilaine en Bretagne depuis mars 2014, Léonie Mengo est une bénévole exemplaire dont le sourire donne du baume au cœur, et le dynamisme suscite des vocations chez les plus jeunes. Si aujourd’hui elle œuvre à sa manière et avec son énergie pour aider les enfants du monde, c’est avant tout parce que son engagement profond était écrit tout au long de sa vie…

1978, République Démocratique du Congo. Le pays n’offre pas beaucoup d’opportunités d’avenir pour ses millions d’enfants et leurs familles. Parmi ces enfants, Léonie, qui avait 5 ans à l’époque, vivait à Kinshasa avec sa maman et ses 6 frères et sœurs. La vie n’était pas très facile pour elle et sa famille, aussi bien financièrement que pour leur sécurité. « Ma maman voulait que je quitte le Congo pour que j’aie une chance d’avoir une vie meilleure et une éducation en Europe. J’étais considérée comme réfugiée politique » témoigne Léonie, qui a pu rejoindre des cousins installés à Paris, telle une lueur d’espoir pour son avenir. L’histoire personnelle de cette femme au passé sensible a débuté en Afrique, dès lors elle s’inscrit au-delà des continents et des frontières humaines…

De la Bretagne à la Grande-Bretagne, il n’y a qu’une langue, celle du cœur

Elle n’a que 6 ans lorsque Léonie arrive en France et s’installe chez sa famille adoptive dans la petite ville bretonne de Vitré, à quelques kilomètres de Rennes. Sans connaitre la langue française ni la culture du pays de Molière, elle va s’intégrer rapidement et gravir chaque échelon du système éducatif en faisant preuve d’une appétence certaine pour l’apprentissage des langues. Études classiques, puis licence d’anglais à Rennes, et à l’âge de 22 ans, Léonie décide de partir en Angleterre. Initialement pour quelques mois, l’aventure au pays de Shakespeare durera tout d’abord 4  ans. « En arrivant à Wembley au nord de Londres, j’étais assistante en enseignement de français, raconte Léonie. Et en découvrant le système éducatif anglais, je décide de me former pour être enseignante de français. Cette expérience m’a beaucoup plu, j’ai enseigné à la fois dans des écoles pour filles et dans des écoles de quartiers défavorisés à Londres. »
 
Enthousiaste et de nature joyeuse, Léonie prend goût à l’enseignement et au contact avec les enfants de tous horizons. À l’âge de 28 ans, elle tente une nouvelle aventure en partant en Ouganda, justement à la recherche de nouveaux horizons, de nouvelles cultures. À Kampala, elle vit une belle expérience en enseignant dans une école internationale : 250 élèves de 40 nationalités différentes. Essentiellement des enfants d’expatriés. « C’était seulement la deuxième fois de ma vie que je retournais en Afrique après avoir quitté le Congo à l’âge de 6 ans… » se remémore Léonie, avec un brin de mélancolie. Retourner sur son continent natal après plus de 20 ans de distance affective, c’était forcément écrit dans les belles pages du destin de Léonie. Dès lors, son parcours prend tout son sens…

L’appel du devoir : aider les enfants les plus démunis

En 2004, après 4 ans d’expérience ougandaise, Léonie revient à Londres pour se former en Master de coopération internationale à l’université de Londres. « Cette formation était très enrichissante car j’ai découvert les différents modèles de développement international, raconte Léonie. C’était la première fois aussi où j’apprenais le travail des humanitaires et de l’UNICEF ».

En 2009, à 36 ans, Léonie s’envole pour le Rwanda afin d’effectuer sa première expérience de volontaire en tant que gestionnaire coopérante en éducation dans une ONG anglaise installée à Kigali. Ses missions : développer l’éducation pour les filles, l’accès à l’éducation pour tous, et spécialement pour les enfants handicapés. « Ça m’a plu énormément, se souvient Léonie. Le Rwanda est un pays magnifique, les enjeux de développement pour les enfants étaient passionnants mais je garde une pointe d’amertume car l’expérience a été difficile pour moi. J’ai connu un pays dont le drame du génocide était encore bien présent dans les esprits ».

Un an plus tard, retour en France auprès de sa famille adoptive à Vitré. Il était écrit dans son destin que ce retour aux sources était nécessaire pour donner encore plus de sens à sa vie...

« M’engager à l’UNICEF afin de continuer d’œuvrer pour les enfants »

En passant devant un stand de vente UNICEF à Vitré pendant les fêtes de fin d’année, Léonie discute avec les bénévoles du comité d’Ille-et-Vilaine et échange sur l’action de l’UNICEF qu’elle connait bien. « Au Rwanda, j’avais travaillé en partenariat avec l’UNICEF, et je pense qu’au fond de moi quelque part je voulais retrouver ce goût de m'investir avec l’organisation phare qui défend les droits de l'enfant, explique Léonie. Devant ce stand UNICEF, tout m’a paru logique au vu de mon parcours professionnel. Je voulais continuer à œuvrer pour les enfants, et notamment dans l’éducation. En rentrant du Rwanda, je sentais que l’ouverture aux autres et la coopération allaient me manquer donc j’ai franchi le pas, je me suis engagée comme bénévole à l’UNICEF France. ».

Engagée depuis 2011 à l’UNICEF, Léonie a suivi le parcours traditionnel du nouveau bénévole : formation théorique sur l’action de l’UNICEF et du bénévolat, découverte du travail et des missions du comité départemental, rencontre avec l'équipe de bénévoles pour développer le lien intergénérationnel et le plaisir de se retrouver. Puis se lancer dans des projets et des missions du comité afin de promouvoir la cause des enfants du monde. « Comme beaucoup de gens, je pensais que le rôle d’un comité UNICEF était essentiellement la tenue des stands de vente de fin d’année. J’étais étonnée de découvrir la variété des programmes et des missions, comme la sensibilisation dans les écoles, le programme Ville amie des enfants, ou les partenariats avec les entreprises » détaille Léonie, surprise de voir que chaque bénévole peut s’inscrire dans un projet intéressant qui lui correspond le mieux selon son expérience ou ses qualités.

« Si j’ai un seul conseil à donner, c’est de ne pas tergiverser, engagez-vous ! »

En 2014, la présidente du comité UNICEF d’Ille-et-Vilaine souhaite passer la main. Naturellement, les bénévoles se tournent vers Léonie au charisme affirmé et au dynamisme reconnu pour l’inviter à reprendre les rênes. « J’avais envie de reprendre la présidence du comité mais j’avais peur de ne pas réussir, révèle Léonie avec transparence et humilité. J’ai été encouragée et je me suis donc lancée. Depuis plus de 2 ans que je suis présidente du comité, il y a eu des hauts et des bas mais dans l’ensemble c’est une formidable expérience. Avec les jeunes Campus, on a organisé des événements culturels comme des concerts de groupes locaux à Rennes pour collecter de l’argent pour l’UNICEF. On a créé une dynamique auprès des jeunes qui sont de plus en plus nombreux à nous rejoindre dans le comité pour s’engager. Sans oublier une très belle campagne de vente de fin d’année en 2015 où on a largement augmenté nos recettes, ce qui est important car c’est autant d’argent qui ira directement pour les enfants dans le monde. »

Dans son parcours de bénévole à un poste de responsabilité, Léonie retient une réussite singulière qui fait écho à sa tendre enfance. « J’ai été fière de voir ma ville Vitré obtenir le titre « Ville amie des enfants », la ville où j’ai grandi, où j’ai beaucoup appris ».

Aujourd’hui, Léonie a trouvé un bon équilibre entre son engagement bénévole, sa vie professionnelle en tant que professeur d’anglais, et sa vie privée. Elle invite les personnes intéressées par le bénévolat à l’UNICEF à ne pas tergiverser, et à s’engager. « C’est enrichissant, et même quand on a accompli énormément de choses dans sa vie, on en découvre toujours de nouvelles à réaliser en s’engageant à l’UNICEF. Être bénévole, c’est donner du sens à sa vie car on aide les enfants qui demain prendront le relais pour s’occuper des futures générations… »