Les efforts pour identifier les enfants isolés ont commencé

Publié le 02 janvier 2005 | Modifié le 29 décembre 2015

Pour l’UNICEF, il faut de toute urgence que les enfants isolés retrouvent leur famille élargie
 
L’UNICEF est très inquiet pour les enfants séparés de leurs parents ou qui ont perdu leurs parents durant la catastrophe et qui ont besoin de secours vitaux. « Il est difficile d’imaginer la peur, la confusion et le désespoir dans lequel se trouvent ces enfants qui ont vu leur univers entier basculer avec les énormes vagues », a déclaré vendredi Carol Bellamy, directrice générale de l’UNICEF. « Ces enfants ont perdu tout le semblant de normalité qui faisaient leur quotidien – leurs parents, leurs proches, leurs amis, leurs voisins, leur école. Ils ont désespérément besoin d’aide et de soins.»

L’UNICEF estime que les enfants représentent plus de la moitié des décès dus aux tsunamis, même si aucun chiffre fiable sur le nombre d’enfants qui ont survécu aux flots et sont aujourd’hui toujours séparés de leur famille n’est encore disponible. Au vu du nombre impressionnant de décès, cependant – plus de 120 000 aujourd’hui – il est très vraisemblable que des milliers d’enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes.

Au Sri Lanka, le bureau de l’UNICEF France a déjà apporté son soutien aux autorités nationales et aux communautés pour évaluer le nombre et la situation des enfants isolés. En fin de journée jeudi, et bien qu’aucun chiffre ne soit encore disponible, on voyait davantage de parents à la recherche de leurs enfants que d’enfants isolés.

Mais il y a aussi des enfants qui, comme Tamarashi, cette jeune fille de 13 ans originaire d’un village côtier qui a assisté, depuis la cuisine de la maison familiale, à la mort de ses parents emportés par la vague alors qu’ils vendaient du poisson sur la plage. Il a fallu trois jours aux équipes de secours pour que Tamarashi accepte enfin de quitter la plage où elle attendait le retour de ses parents. Elle a survécu après s’être agrippée à un arbre et elle est aujourd’hui sous le choc, pleurant et demandant sans cesse pourquoi elle n’a pas été emportée avec ses parents.

Dans toute la région affectée, l’UNICEF coordonne les efforts des organisations non gouvernementales et des pouvoirs publics pour développer des systèmes d’identification des enfants isolés pour qu’ils puissent retrouver leurs proches, parents directs ou autre famille. La première des priorités est de retrouver la famille élargie et de placer les enfants auprès de leurs grands parents, oncles, tantes, cousins. Mais, dans l’urgence, d’autres adultes de la communauté ont commencé à prendre en charge ces enfants isolés.
 
Soulignant la générosité des offres arrivant de partout dans le monde pour l’adoption d’enfants rendus orphelins par la catastrophe, Carol Bellamy a cependant réaffirmé que des adoptions faites à la hâte dans ce type de contextes n’étaient pas ce qu’il y avait de mieux dans l’intérêt de l’enfant. « Nous ne pouvons pas garantir que les enfants qui ne retrouvent pas leurs parents ont pour autant perdu toute leur famille », a-t-elle expliqué. « Il y a des parents plus éloignés, oncles, tantes, cousins qui recherchent désespérément des enfants de leur famille. Des efforts doivent être faits pour aider ces familles à se réunifier avant d’envisager l’adoption. »

En outre, l’adoption au sein de la famille élargie ou de la communauté est toujours préférable. L’UNICEF continue ses secours d’urgence dans tous les pays affectés par la crise et vient en aide aux gouvernements de la région pour évaluer la situation et répondre aux besoins vitaux des enfants.

En plus des approvisionnements de matériel de première nécessité comme le matériel de purification de l’eau, des vêtements, des couvertures et des médicaments, durant les 24 dernières heures, l’UNICEF a :
- ouvert 30 centres d’accueil pour les enfants dans les camps de personnes déplacées dans la province indonésienne la plus durement frappée du Nord Sumatra (Aceh) ;
- envoyé 10 équipes de pédiatres et infirmiers spécialisés en Thaïlande pour offrir une aide psychologique aux enfants affectés par le traumatisme. Ces équipes viennent renforcer les équipes de volontaires qui, sur ces terrains, travaillent déjà à l’identification des enfants ayant besoin d’aide. - Entrepris de gros travaux de nettoyage des camps de déplacés en Inde et lancé un programme d’information sur l’utilisation des comprimés de purification d’eau et des sels de réhydratation orale.

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