Les enfants pris dans les violences de la prison d'al-Hasakah doivent être évacués en lieu sûr

Publié le 26 janvier 2022

Déclaration de la Directrice générale de l'UNICEF Henrietta Fore sur la situation des enfants détenus dans les prisons militaires du nord-est de la Syrie

New York, le 25 janvier 2022 – « Nous avons reçu des rapports très inquiétants faisant état de décès d'enfants dans le centre de détention militaire de Ghwayran, à al-Hasakah, dans le nord-est de la Syrie. Nous sommes également très préoccupés par les informations selon lesquelles les enfants piégés à l'intérieur du centre pourraient être contraints de jouer un rôle actif dans les affrontements en cours entre les détenus et les forces de sécurité.

Près de 850 enfants, dont certains n'ont pas plus de 12 ans, sont actuellement détenus dans le nord-est de la Syrie, la plupart dans le centre de Ghwayran. La majorité de ces enfants sont des garçons syriens et irakiens, tandis que les autres sont de 20 autres nationalités. Aucun d'entre eux n'a été accusé d'un quelconque crime en vertu du droit national ou international. Les enfants de ressortissants étrangers n'ont reçu que peu ou pas de soutien de leur pays d'origine.

Ces enfants n'auraient jamais dû être placés en détention militaire. La violence à laquelle ils sont soumis peut être assimilée à des crimes de guerre.

Donner la priorité à la sécurité de tous les enfants

L'UNICEF s'inquiète depuis longtemps du sort des enfants détenus dans cet établissement en raison des mauvaises conditions physiques générales, des services limités, de la surpopulation et du manque de soins de santé et d'hygiène appropriés. Les enfants ont peu ou pas de contact avec leurs familles, n'ont pas accès à l'éducation et sont confrontés à un destin incertain.

Nous demandons à toutes les parties et à ceux qui ont une influence sur elles de s'acquitter de leurs responsabilités en matière de protection des civils et des personnes hors de combat, et de donner la priorité à la sécurité de tous les enfants à l'intérieur de la prison de Ghwayran et dans la ville de Hasakah. En particulier :

  • Nous appelons toutes les parties dans le nord-est de la Syrie à assurer la protection physique et le bien-être des enfants présents dans le centre de détention, ainsi que des enfants dans les zones environnantes. Toute mesure visant à rétablir le calme dans le centre de détention doit être guidée par un usage approprié de la force. Pendant les hostilités, toutes les parties doivent prendre toutes les précautions possibles et adhérer aux principes de distinction et de proportionnalité.
  • Nous appelons également toutes les parties à trouver une solution négociée qui mette fin aux souffrances et aux pertes de vie inutiles, en particulier pour les enfants qui ont déjà connu des années de conflit armé. Une première étape devrait être l'ouverture d'un couloir sécurisé pour que les humanitaires et autres puissent accéder aux enfants du centre de détention et les évacuer, afin de leur fournir les soins urgents et la protection dont ils ont besoin. Les enfants et les personnes hors de combat, y compris les malades et les blessés, ont droit à une protection et à une assistance humanitaire.
  • Nous demandons instamment aux acteurs qui contrôlent actuellement le centre de détention et aux autorités détentrices de libérer sans condition tous les enfants, en commençant par les plus jeunes et ceux qui ont des besoins médicaux et autres urgents.
  • Si et quand les enfants sont évacués vers un lieu sûr, les acteurs humanitaires, sans aucune distinction, doivent se voir accorder un accès libre et durable aux enfants pour leur apporter des soins et une assistance d'urgence.
  • Nous implorons également les États membres de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour rapatrier les enfants qui sont leurs citoyens ou nés de leurs ressortissants, conformément aux normes internationales de protection de l'enfance et des droits de l'homme. Les États membres qui peuvent soutenir ces efforts doivent le faire.

Il est grand temps d'agir. »