Les enfants rohingyas auront-ils la chance d'aller à l'école ?

Publié le 21 août 2019

Deux ans après l’exode massif des Rohingyas qui ont fui le Myanmar pour le Bangladesh, les enfants réfugiés ont un besoin pressant de se projeter dans l’avenir, mais le manque d’accès à l’éducation est un frein considérable à leur épanouissement.

Nous sommes dans un centre éducatif du camp de réfugiés de Cox’s Bazar au Bangladesh. Au sol, des tapis colorés, et au mur, des tableaux noirs sont accrochés. Des enfants sont assis par terre, en demi-cercle. Mohammad Alam, 13 ans, est penché sur une équation de mathématiques, les sourcils froncés. Il lève les yeux vers l’enseignante, Rozina Aktar, qui se dirige vers lui pour l’aider pendant que les autres élèves continuent à travailler. Cette scène, qui semble banale, ne l’est en rien.

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UNE EDUCATION DE QUALITÉ

Apporter une éducation de qualité aux enfants rohingyas relève de l’exploit. « Il y a deux ans, sans matériel et sans parcours scolaire établi, les espaces d’apprentissage offraient essentiellement la possibilité de jouer et de dessiner, indique Charles Avelino, chargé d’éducation pour UNICEF dans le camp de Cox’s Bazar. Il y a eu un tournant : nous avons commencé à mettre en place des cours qui s’appuient sur l’acquisition de compétences, en commençant par les plus bas niveaux. Cela représente une amélioration qualitative pour répondre au mieux aux besoins des enfants. » Les enseignants, issus de communautés bangladaises ou des communautés réfugiées, sont formés par UNICEF et ses partenaires aux programmes et à la pédagogie.

À 22 ans, Rozina Aktar donne des cours aux jeunes rohingyas présents au Bangladesh

Ces avancées changent la vie des enfants : « Je sens que je fais des progrès maintenant », confie Thahira, 10 ans. Nous déployons ces nouveaux centres progressivement, mais nous devons aussi intensifier les efforts pour que les filles poursuivent leur scolarité. En effet, pour des raisons culturelles, les familles ont tendance à les déscolariser lorsqu’elles deviennent pubères.

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PRÉPARER L'AVENIR

L’éducation joue un rôle clé pour permettre aux centaines de milliers d’enfants rohingyas qui vivent dans les camps de se projeter dans l’avenir. À l’heure actuelle, aucun n’envisage de retourner vivre au Myanmar où la sécurité n’est pas garantie. Beaucoup ont néanmoins conscience que l’école donne un bagage positif. « Les personnes éduquées ont de la valeur quel que soit l’endroit où elles se trouvent, insiste Mohamed Hussein dont les deux enfants fréquentent un centre d’apprentissage UNICEF. Que nous retournions au Myanmar, que l’on aille en Malaisie ou n’importe où ailleurs, mon fils aura cette richesse avec lui. »

Ruma Akhtar, 19 ans, apporte son aide à deux jeunes garçons rohingyas qui font leurs devoirs

Mais dans les camps, les infrastructures manquent. Depuis 2017, UNICEF et ses partenaires ont implanté 2167 espaces d’apprentissage pour les enfants, ce qui a permis à 192 000 enfants de bénéficier d’une éducation. Il faudrait cependant 640 centres supplémentaires pour 25 000 enfants qui en ont besoin.

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Toutefois, passé un certain âge, il n’y a plus aucun lieu où apprendre : 97% des 15-18 ans ne sont scolarisés nulle part. « J’étudiais six matières au Myanmar, raconte Abdullah, 18 ans, qui vit dans le camp de Kutupalong. Mais quand on est arrivés ici, il n’y avait aucun moyen de continuer. Si on ne peut pas avoir accès à une éducation dans les camps, notre situation ne va faire qu’empirer. »

Vous pouvez changer les choses : faites un don pour donner une éducation de qualité aux jeunes et aux enfants rohingyas.

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