Les enfants sous terre de Donetsk

Publié le 12 février 2015 | Modifié le 31 août 2015

Des conditions de vie effroyables. C’est ce que subissent plus de 1000 enfants et leurs proches, forcés de vivre dans des abris souterrains pour échapper aux bombes qui ravagent la ville de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine. Les familles qui le peuvent, elles, fuient vers l’ouest, par centaines de milliers, dans l’attente d’un retour à une paix durable…

Les murs qui tremblent sous les bombes.
L’obscurité. L’humidité. La faim, le froid, la peur.

 
Des lits faits de palettes en bois posées sur de simples briques ; des tuyaux rouillés ; des cartons pour s’isoler du béton froid des murs décrépis.
 
Depuis juillet 2014, ce décor sordide est le quotidien de plus de 1000 enfants à Donetsk, en Ukraine. Réfugiés dans ces abris avec leurs familles, ils tentent d’échapper à l’escalade de violences qui, depuis mars 2014, impacte la vie de plus de 5,2 millions de personnes dans le pays, dont 1,7 million d’enfants.
 
L’UNICEF leur vient en aide grâce à vos dons, en les approvisionnant en eau potable, kits d’hygiène, vêtements chauds pour l’hiver, soutien psychosocial… Mais les besoins vont grandissant.
 

« Les tout premiers mots de ma fille ? Boum, boum ! »

 
Il y a ceux qui trouvent refuge sous terre, et ceux qui fuient, vers l’ouest. Depuis le début du conflit, on estime à 1.5 million le nombre de déplacés, dont 136 000 enfants.
Parmi eux, cette petite fille de 6 ans aux immenses yeux bleu ciel : « Mon papa a appelé pour me dire que je lui manquais. Il me manque aussi… Je lui ai dit de ne pas s’inquiéter. Je vais revenir bientôt et on pourra se revoir. »
 
Mariya* et ses deux petites filles de 2 et 4 ans, Alina* et Liliya*, ont elles aussi fini par tout quitter pour se mettre en sécurité. Un jour, alors que Mariya était partie chercher de l’aide pour sa cadette (qui a besoin de traitements spécifiques car souffrant de handicaps multiples), de terribles bombardements ont éclaté. Séparée de sa mère, l’aînée est restée une semaine dans un sous-sol avec sa tante, sous les frappes incessantes. « Ma sœur ne me la passait pas au téléphone pour ne pas la bouleverser davantage. Ne pas pouvoir entendre sa voix rendait la situation encore plus insoutenable. C’est terrifiant de voir vos enfants être témoin de ces violences, de ne pas avoir d’argent pour les nourrir... » raconte la jeune maman, submergée par l’émotion.
 
Depuis, Mariya et ses filles sont prises en charge dans un centre spécialisé et bénéficient d’un soutien psychologique financé par l’UNICEF.
Mais les traumatismes sont profonds et ces enfants mettront du temps, une fois la paix revenue, à tourner cette page de leur vie. Au micro de France Info, une maman témoigne : sa fille, qui grandit sous les bombardements incessants, a eu pour premiers mots « boum boum »…
 

Notre aide, grâce à votre soutien

 
De l’eau potable pour plus de 100 000 personnes, des médicaments et du matériel médical pour plus de 86 000 déplacés, du matériel scolaire pour 20 000 élèves, 400 psychologues scolaires formés pour répondre aux besoins des enfants… Voici quelques-unes des nombreuses actions menées par l’UNICEF et ses partenaires depuis mars 2014. Et ce, grâce à la générosité de nos soutiens, notamment celle de nos donateurs réguliers qui permettent à l’UNICEF de se tenir prêt à intervenir auprès des enfants lorsqu’une crise se déclare, où que ce soit dans le monde.
 
Dans l’un des abris souterrains de Donetsk, une partie de cartes s’improvise sous le halo timide d’une ampoule. Privés de lumière du jour, d’espace pour courir, les enfants n’en restent pas moins des enfants, et jouent.
 
Dans une interview pour Paris Match, la Représentante de l’UNICEF en Ukraine, Giovanna Barberis, expliquait début février 2015 que l’aide humanitaire s’organisait difficilement : « Le gouvernement a mis en place des accréditations, obligatoires, pour circuler dans les deux zones, traverser les check points. […] Il faut simplifier le processus, créer un couloir d'accès pour venir en aide aux civils, pour qu'ils puissent aussi sortir de cette zone. Mais malgré les obstacles administratifs, nous faisons notre maximum pour agir. »
 
La signature d’un nouvel accord de cessez-le-feu, le 12 février 2015, entre le gouvernement de Kiev et les forces séparatistes pro-russes, offre de nouveaux espoirs pour ces enfants et leurs familles.
 
 
*Les prénoms ont été changés   

La crise en chiffres

1,7 million d’enfants affectés
140 000 enfants déplacés
 

28,6 millions d’euros nécessaires pour répondre aux besoins en matière de : santé, nutrition, eau potable et hygiène, protection et éducation.

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