Les membres du G20 ont reçu 15 fois plus de doses de vaccin COVID-19 par habitant que les pays d'Afrique sub-saharienne

Publié le 26 octobre 2021

Avant le sommet des dirigeants du G20 ce week-end, 48 ambassadeurs et sympathisants d'UNICEF Afrique s'unissent pour demander aux pays de livrer les doses d'ici décembre.

New York/Paris, le 27 octobre 2020 - Les pays du G20 ont reçu 15 fois plus de doses de vaccin COVID-19 par habitant que les pays d'Afrique subsaharienne*, selon une nouvelle analyse.

L'analyse, menée par la société d'analyse scientifique Airfinity, expose la gravité de l'inégalité en matière de vaccins entre les pays à revenu élevé et les pays à faible revenu, en particulier en Afrique.

Elle révèle que les doses délivrées aux pays du G20 par habitant sont :

  • 15 fois plus élevées que les doses délivrées par habitant aux pays d'Afrique subsaharienne ;
  • 15 fois plus élevées que les doses délivrées par habitant aux pays à faible revenu ;
  • 3 fois plus élevées que les doses délivrées par habitant dans tous les autres pays réunis.

« L'inégalité en matière de vaccins n'empêche pas seulement les pays les plus pauvres d'avancer - elle empêche le monde d'avancer », a déclaré Henrietta Fore, directrice générale d'UNICEF. « Alors que les dirigeants se réunissent pour fixer les priorités de la prochaine phase de la réponse COVID-19, il est vital qu'ils se souviennent que, dans la course au vaccin COVID, soit nous gagnons ensemble, soit nous perdons ensemble. »

Des personnalités s'unissent un accès rapide et équitable aux vaccins

Les pays riches disposant d'un stock supérieur à leurs besoins se sont généreusement engagés à faire don de ces doses aux pays à revenu faible ou intermédiaire via le dispositif COVAX, mais les doses promises progressent trop lentement. Sur les 1,3 milliard de doses supplémentaires que les pays se sont engagés à donner, seules 356 millions de doses ont été fournies au dispositif COVAX.

Les pays africains, en particulier, ont été largement laissés sans accès aux vaccins COVID-19. Moins de 5 % de la population africaine est entièrement vaccinée, ce qui expose de nombreux pays à un risque élevé de nouvelles épidémies.

Alors que les dirigeants se préparent à se réunir pour le sommet du G20 à Rome ce week-end et qu’en France, des personnalités emblématiques du PAF, tels que Bruno Solo, Thierry Beccaro, Alice Pol, Elodie Gossuin ou encore Maurice Barthélémy appellent aux dons pour un accès rapide et équitable aux vaccins contre la Covid-19, 48* ambassadeurs et sympathisants d'UNICEF Afrique de tout le continent se sont unis dans une lettre ouverte. Ils demandent aux dirigeants d'honorer leurs promesses de délivrer de toute urgence des doses, écrivant que « les enjeux ne pourraient pas être plus élevés. »

Les signataires de la lettre, parmi lesquels Angelique Kidjo, Arlo Parks, Davido, Tendai Mtawarira, Femi Kuti, Tony Elumelu, Ramla Ali, Winnie Byanyima et d'autres, demandent aux dirigeants de faire don des vaccins promis d'ici décembre, ainsi que des ressources nécessaires pour transformer ces vaccins en vaccinations.

Sauver des vies en Afrique commence par sauver la vie de ceux qui sauvent des vies

« Chaque jour où l'Afrique n'est pas protégée, la pression s'accroît sur les systèmes de santé fragiles où il peut y avoir une sage-femme pour des centaines de mères et de bébés », peut-on lire dans la lettre. « Alors que la pandémie provoque un pic de malnutrition infantile, les ressources sont détournées des services de santé vitaux et de la vaccination des enfants. Les enfants déjà orphelins risquent de perdre leurs grands-parents. Le désastre guette les familles d'Afrique subsaharienne, dont quatre sur cinq dépendent du secteur informel pour leur pain quotidien. La pauvreté menace le retour des enfants à l'école, leur protection contre la violence et le mariage des enfants. »

Selon l'OMS, quelque 80 000 à 180 000 travailleurs de la santé dans le monde seraient morts du COVID-19 entre janvier 2020 et mai 2021. En Afrique, moins d'un agent de santé sur dix a été entièrement vacciné et plus de 128 000 ont été infectés par le virus. L'agence a également constaté que seule une infection au COVID-19 sur sept est détectée en Afrique en raison des tests limités, ce qui signifie que le nombre réel est probablement beaucoup plus élevé.

« Sauver des vies en Afrique commence par sauver la vie de ceux qui sauvent des vies », a déclaré Henrietta Fore. « Trop de communautés sur le continent africain étaient déjà aux prises avec des systèmes de santé sous pression. Elles ne peuvent pas entamer une nouvelle année de cette crise mondiale en supportant autant de décès évitables et de maladies prolongées. »

* Afrique subsaharienne à l'exclusion de l'Afrique du Sud, qui est un pays du G20.
**UNICEF a laissé le texte de la lettre ouvert à des signatures supplémentaires de la part des ambassadeurs et des sympathisants d’UNICEF. Voir la dernière liste des signataires ici

Note aux rédactions :
Quelques exemples de comparaisons de doses délivrées par pays tirées de l'analyse d'Airfinity :

  • Les doses délivrées par habitant au Royaume-Uni sont 12 fois plus élevées que les doses délivrées par habitant au Kenya.
  • Les doses délivrées par habitant au Canada sont 34 fois plus élevées que les doses délivrées par habitant au Soudan.
  • Les doses délivrées par habitant en Italie sont 13 fois plus élevées que les doses délivrées par habitant en Ouganda.
  • Les doses délivrées par habitant au Japon sont 18 fois plus élevées que les doses délivrées par habitant en Éthiopie.

Accéder à l’appel aux dons des personnalités françaises : ici
Pour faire un don : unicef.fr/dose