« Mon fils va mieux de jour en jour »

Publié le 11 août 2011 | Modifié le 19 septembre 2018

La plupart des réfugiés somaliens qui arrivent au Kenya pour échapper à la sécheresse et au conflit sont des femmes et des enfants. Abdile est l’un des rares pères que l’on peut croiser dans le camp de Dadaab. Très attentif à la santé de son fils Aden, il est auprès de lui depuis leur arrivée au camp il y a quelques jours. Témoignage.

Abdile, sa femme, leurs quatre enfants et l’une de leurs grands-mères ont quitté leur foyer en Somalie, en quête de nourriture et d’eau. Comme des milliers d’autres familles, la sécheresse a eu raison de leurs récoltes et de leur bétail. Adbile et sa famille ont marché 25 jours avant d’arriver à Dadaab. Malheureusement, l’épouse d’Abdile n’a pas eu le temps d’arriver au bout du voyage. Elle est morte de faim en chemin. Depuis, ce père de famille a fait preuve d’une force et d’un courage extraordinaires. Par moment, il portait trois de ses quatre enfants sur son dos. « Nous n’avions pas le choix, il fallait continuer », raconte t-il. « Il fallait continuer à marcher, sinon c’était la mort », poursuit-il.

Des soins médicaux et l’amour d’un père pour guérir

Aden, le plus jeune fils d’Abdile a trois ans. Quand ils étaient encore chez eux, Aden commençait déjà à perdre du poids et à s’affaiblir. Et lorsqu’ils ont atteint les camps de réfugiés de Dadaab, Aden était si faible qu’il n’avait même plus la force de maintenir sa tête ou d’avaler de la nourriture. Quand les médecins l’ont pris en charge à l’hôpital de Hagadera, il pesait 5 kilos. Personne ne pouvait garantir qu’il allait s’en sortir.

Aujourd’hui, cela fait près de trois semaines qu’Aden est ici. Il commence à aller mieux. D’ailleurs, les médecins observent de petits progrès tous les jours. Grâce aux soins qu’il reçoit et aux aliments thérapeutiques distribués par l’Unicef, Aden reprend peu à peu des forces. Mais s’il est toujours là aujourd’hui, ce n’est pas seulement grâce aux soins médicaux, c’est aussi parce que son père est resté près de lui. Abdile n’a pas quitté son fils une seule fois depuis leur arrivée à Dadaab. Tous les jours et toutes les nuits, il est là. La délicatesse et l’amour avec lesquels Abdile prend soin de son petit garçon illustre à eux seuls ce que signifie être parent. « Aujourd’hui, plus que jamais, notre famille doit rester unie », confie le papa. « Mon fils va mieux de jour en jour et je sais qu’il survivra ».

La réponse de l’UNICEF

Des milliers d’enfants malnutris sont enregistrés chaque mois à Dadaab, surtout parmi les réfugiés récemment arrivés dans les camps. Dans la région, entre l’Éthiopie, le Kenya, la Somalie et Djibouti, 2,3 millions d’enfants souffrent de malnutrition aiguë et près de 570 000 risquent de mourir s’ils ne sont pas pris en charge très rapidement.

Sur le terrain, l'Unicef distribue des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi pour sauver les enfants affectés par les conséquences de la sécheresse dans la Corne de l'Afrique. Avec des avions, des camions et des bateaux, notre organisation fournit du matériel d’urgence, du matériel médical et des suppléments nutritionnels pour venir en aide à la population. Dans les prochaines semaines, l'Unicef va étendre sa couverture nutritionnelle pour atteindre des centaines de milliers d’autres enfants et leurs familles.

En savoir plus

Plus de 390 000 réfugiés sont enregistrés dans les 3 camps de Dadaab, au nord du Kenya (Ifo, Hagadera, Dagahaley). Parmi eux, il y a près de 222 000 enfants, alors que la capacité d’accueil de ces camps est de 90 000 personnes. Environ 1300 nouveaux réfugiés somaliens arrivent chaque jour à Dadaab. 80% des réfugiés qui arrivent à Dadaab sont des femmes et des enfants. La moitié des enfants qui arrivent dans les camps sont malnutris.

Au total, près de 515 000 réfugiés somaliens se trouvent au Kenya aujourd’hui.

Pour venir en aide aux personnes affectées par les conséquences de la sécheresse dans la Corne de l’Afrique, l’Unicef a besoin de 220 millions d’euros.

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