Mortalité infantile : l'UNICEF en action pour sauver chaque enfant

Publié le 22 mars 2018 | Modifié le 22 mars 2018

En 20 ans, la mortalité des enfants de moins de 5 ans a été réduite de moitié dans le monde. Malgré cela, 7 000 nouveau-nés meurent encore chaque jour, de causes évitables pour la plupart. L’UNICEF appelle les dirigeants de la planète à tout faire pour lutter contre ce fléau.

Deepika a les larmes aux yeux. Des larmes de joie et de soulagement. Dans son sari chamarré, cette jeune indienne allaite son bébé qui vient de voir le jour à l’hôpital de Nalgonda, au sud-est de l’Inde. Habitante d’un petit village situé à une soixantaine de kilomètres de là, elle sait qu’elle doit sans doute à Suramma sa vie et celle de sa fille. Suramma, qui a exigé son hospitalisation en urgence, fait partie de ces agents de santé, formés par l’UNICEF, capables d’identifier les grossesses à risque et de réagir au plus vite.

28 premiers jours à haut risque

La naissance et les 28 premiers jours de vie du nourrisson sont les plus cruciaux : 2,6 millions d’enfants n’y survivent pas. En grandissant, beaucoup d’autres sont confrontés à la malnutrition et au manque de soins. Ainsi, chaque jour en 2016, 15 000 enfants de moins de 5 ans sont morts dans le monde, dont 7 000 nouveau-nés essentiellement en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne. Les complications liées à l’accouchement ou à la naissance (infections, hémorragies…) sont responsables de 30 % des décès néonatals, tandis que la pneumonie et la diarrhée figurent parmi les principales maladies infectieuses à l’origine des décès des moins de 5 ans.

Pourtant, grâce à l’action de l’UNICEF, des sociétés civiles et de la communauté internationale, la survie des enfants progresse considérablement : la mortalité des moins de 5 ans a chuté de 49 % au cours des deux dernières décennies. L’explication ? Un meilleur accès à des soins de santé de qualité, aux vaccins, à la nutrition, à l’eau potable et à l’assainissement, ou encore une prise de conscience de l’importance de l’allaitement dès les premières heures suivant la naissance.

Dix pays prioritaires

Il reste cependant encore beaucoup à faire pour offrir à chaque enfant « la vie et non la survie », selon le souhait de Sébastien Lyon, directeur général de l’UNICEF France. Pour relever ce défi, l’UNICEF a lancé en février 2018 une grande campagne intitulée « Pour chaque enfant, une chance de vivre ». Objectif : mobiliser l’ensemble des gouvernements et partenaires de l’UNICEF, afin de fournir des solutions « éprouvées et peu onéreuses » à chaque mère et chaque nouveau-né, telles que la mise en place d’une assistance qualifiée à la naissance, la désinfection du cordon ombilical, la pratique du peau à peau entre la mère et l’enfant…

Des plans d’action pour les nouveau-nés seront mis en œuvre, en particulier dans dix pays où l’urgence est la plus grande : Bangladesh, Éthiopie, Guinée-Bissau, Inde, Indonésie, Malawi, Mali, Nigeria, Pakistan et Tanzanie.

« Nous sommes censées être au moins cinq sages-femmes en temps normal. Mais dans la réalité, nous sommes souvent seules. Par conséquent, nous ne dispensons généralement pas les soins nécessaires », témoigne Dorothy, sage-femme à l’hôpital de Zomba, au Malawi, pays qui connaît l’un des plus forts taux de naissances prématurées au monde. Depuis que l’UNICEF a rénové la maternité et participé à la formation de l’équipe médicale, la prise en charge des femmes enceintes s’est améliorée : « Nous sauvons beaucoup plus d’enfants, assure Dorothy, et voir une mère avec son bébé en bonne santé, c’est le plus beau cadeau du monde ! »

Cet article est issu de la revue AGIR. Retrouvez ici l'intégralité du numéro d'avril 2018.

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