Neuf enfants Afghans tués ou mutilés quotidiennement

Publié le 16 décembre 2019

Les parties au conflit doivent protéger les enfants et mettre fin au ciblage des écoles et des cliniques.

Genève/Kaboul/New York/Paris, le 17 décembre 2019 -  Le conflit qui sévit en Afghanistan depuis 40 ans a un impact dévastateur sur les enfants et les différentes parties manquent à leur devoir de les protéger de ses conséquences, a déclaré UNICEF dans un nouveau rapport publié aujourd'hui.

« Préserver l'espoir en Afghanistan : Protéger les enfants dans le conflit le plus meurtrier du monde » indique qu'au cours des neuf premiers mois de 2019, chaque jour environ neuf enfants ont été tués ou mutilés. Il s'agit d'une augmentation de 11 % par rapport à la même période en 2018, due en grande partie à une recrudescence des attentats-suicides à la bombe et des combats au sol entre forces pro et antigouvernementales.

« Même en se fiant aux sombres normes de l'Afghanistan, 2019 a été une année particulièrement meurtrière pour les enfants », a déclaré la directrice générale d'UNICEF, Henrietta Fore. « Les enfants, leurs familles et leurs communautés souffrent chaque jour des terribles conséquences des conflits. Ces mêmes enfants ont désespérément besoin de grandir, d'aller à l'école, d'acquérir des compétences et de se bâtir un avenir. Nous pouvons et devons faire beaucoup plus pour renforcer leur courage et leur résilience extraordinaires. »

Entre 2009 et 2018, près de 6 500 enfants ont été tués et près de 15 000 autres blessés, contribuant à faire de l'Afghanistan la zone de guerre la plus meurtrière du monde en 2018, selon le rapport.

Outre l'impact direct de la violence, la vie des enfants est également affectée par les effets combinés des catastrophes naturelles, de la pauvreté et du sous-développement selon UNICEF.

Les autres faits tirés du rapport :

  • 3,8 millions d'enfants ont besoin d'aide humanitaire
  • 1 fille sur 3 se marie avant ses 18 ans
  • 3,7 millions d'enfants en âge scolaire ne sont pas scolarisés
  • 600 000 enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition sévère
  • 30 % des enfants travaillent
  • 400 000 jeunes Afghans entrent sur le marché du travail chaque année, mais beaucoup n'ont pas les compétences professionnelles nécessaires pour trouver un emploi et gagner leur vie.

Préserver l'espoir en Afghanistan

« Les jeunes Afghans ont besoin de savoir que leurs perspectives de carrière ne se limitent pas à rejoindre un groupe armé ou à fuir le pays pour tenter leur chance à l'étranger », a déclaré Aboubacar Kampo, représentant d’UNICEF en Afghanistan. « Avec le soutien approprié, ils peuvent commencer à sortir du cycle de la violence et du sous-développement et créer un meilleur avenir pour eux-mêmes et pour l'Afghanistan. »

UNICEF travaille avec les autorités et les communautés locales pour lutter contre une série de normes sociales négatives. Les filles risquent d'être victimes de crimes d'honneur, de violences domestiques et de violences sexuelles.

Par l'intermédiaire de partenaires, UNICEF fournit également un traitement à 277 000 enfants souffrant de malnutrition sévère. Mais le programme doit être considérablement élargi si l'on veut atteindre 300 000 autres enfants dans le besoin.

UNICEF utilise de plus en plus de systèmes d'approvisionnement en eau durables alimentés par gravité et par énergie solaires pour aider une partie des 2,8 millions d'Afghans touchés par une grave sécheresse l'an dernier. Pourtant, seulement 64 % de la population ont accès à une eau potable de meilleure qualité et protégée contre toute contamination extérieure.

Tous les parties au conflit doivent s'acquitter des obligations qui leur incombent en vertu du droit international humanitaire et des droits de l'Homme, qui leur imposent de protéger les enfants, de mettre fin au ciblage des écoles et des centres de santé et de permettre l'accès à l'assistance humanitaire.

Le soutien des donateurs est également essentiel. UNICEF a besoin de 323 millions de dollars pour appuyer ses opérations en Afghanistan en 2020, dont 75 % ne sont pas financés.

A voir...

Accéder aux contenus multimedia : ici