Nigeria: plus d'une centaine d'enfants sauvés du trafic

Publié le 09 mars 2005 | Modifié le 31 mars 2016

Les représentants de la loi au Nigéria combattent le problème grandissant du trafic d’enfants, en utilisant de nouvelles lois et une campagne de sensibilisation plus agressive.

Les autorités nigérianes ont retrouvé plus d’une centaine d’enfants le week-end dernier lors de deux contrôles différents.

Le 4 mars, les service de l’immigration à la frontière nigériane ont stoppé un camion transportant 52 enfants venant du Togo apparemment destinés au travail forcé, et ont arrêté 4 trafiquants dont un homme prétendant être le pasteur d’une église pentecotiste. Le 5 mars, la police de Lagos a intercepté un camion frigo transportant 64 enfants et a arrêté le chauffeur du véhicule. Les enfants venaient de Mokwa, dans l’état de Niger et devaient être emmenés à Lagos pour travailler comme domestiques. Les petits togolais ont été rapatriés alors que les enfants venant de Mokwa ont été pris en charge par l’agence nationale contre le trafic d’êtres humains (NAPTIP).

L’UNICEF soutient techniquement et financièrement les programmes de réhabilitation et de suivi médical des victimes, de la NAPTIP. « Certains d’entre eux semblent très traumatisés. La majorité des plus jeunes ont l’air perdu. Nous sommes en train de mettre en place un soutien psychologique, » a rapporté le responsable UNICEF à Lagos, Roger Botralahy, après avoir rencontré les enfants dans un centre de transit.

Une enquête nationale sur le travail des enfants menée en 2003 estimait que 15 millions d’enfants travaillent au Nigéria. Ils sont également forcés à la prostitution, aux travaux domestiques, et dans beaucoup de cas sont envoyés à l’étranger.

Le nouveau gouvernement démocratique nigérian a promulgué un ensemble d’initiatives pour combattre ce problème grandissant. En juillet 2003, les législateurs ont voté l’interdiction et l’administration du trafic d’êtres humains, qui donne aux représentants de la loi un cadre légal nécessaire pour venir en aide aux victimes, arrêter, enquêter et poursuivre les trafiquants.

La nouvelle loi a mené à la création de la NAPTIP, une agence gouvernementale dont le rôle est de sensibiliser le public, former les agents de police, et prendre en charge les cas de trafic.

L’UNICEF a soutenu le développement institutionnel de la NAPTIP, coordonné la formation des agents de police et des employés des services d’immigration, et a fourni du matériel pour lutter contre le crime organisé. « Nous travaillons en étroite collaboration avec cette nouvelle agence. Ses services sont déjà parvenus à condamner un trafiquant à Benin City », affirme Roger Botralahy. 
 
Les effort conjugués de la NAPTIP et de l’UNICEF ont donné des résultats très positifs, tels que les arrestations effectuées au début du mois de mars.

Il est essentiel de sensibiliser le public si l’on considère que les trafiquants ont pour cibles principales les parents accablés par la pauvreté et de nombreux enfants. Le nombre élevé d’enfants qui abandonnent l’école est également un facteur déterminant. Les trafiquants s’emploient habilement à les attirer avec de fausses promesses.

L’UNICEF et la NAPTIP ont commencé à distribuer des affiches, à diffuser des messages radiophoniques, et à sensibiliser les enfants dans les centres de jeunesse de tout le pays. Le responsable UNICEF du programme de protection de l’enfance à Abuja, Robert Lumlum, souligne que le problème est particulièrement sensible au Nigeria parce que le pays est une plaque tournante pour tous les trafiquants. « Il y a une forte demande de main d’œuvre africaine bon marché venant d’autres pays. Le Nigeria est un centre de transit pour ce trafic. Il y a beaucoup d’argent qui passe par ici », ajoute-t-il.

Robert Lumlum espère que le problème pourra être rapidement résolu maintenant que le gouvernement a pris des mesures plus musclées. « Le Nigeria est actuellement aux prises avec des problèmes majeurs, mais cette situation peut lui permettre de rallier d’autres pays dans la lutte contre le crime organisé. »

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