Nouveau-nés : 3 millions pourraient être sauvés chaque année

Publié le 21 mai 2014 | Modifié le 31 mai 2016

Des soins de qualité au moment de la naissance, et une attention particulière pour les groupes les plus exclus et les plus vulnérables : voilà qui pourrait, selon une nouvelle étude publiée dans la revue médicale The Lancet, sauver près de 3 millions d’enfants qui, aujourd’hui, meurent avant l’âge d’un mois. Explications.

Des chiffres accablants.
 
2,9 millions de bébés meurent chaque année au cours de leurs 28 premiers jours de vie.
 
2,6 millions d’enfants sont mort-nés, et 1,2 million de ces décès se produisent quand le cœur du bébé s'arrête pendant l’accouchement.
 
Les 24 premières heures de vie après la naissance sont les plus dangereuses pour la mère et l'enfant – près de la moitié des décès des mères et des nouveau-nés se produisent à ce moment-là.
 
Pourtant, une série sans précédent de la revue médicale The Lancet  (réalisée par des experts de l'UNICEF, de la London School of Hygiene and Tropical Medicine et de l'Université Aga Khan au Pakistan, entre autres) montre que la majorité des près de 3 millions d'enfants qui meurent avant l'âge d'un mois pourraient être sauvés s’ils bénéficiaient de soins de qualité au moment de la naissance – et si l’on mettait l’accent sur les groupes les plus exclus et les plus vulnérables.
 

 

Augmenter de façon exponentielle les chances de survie

 
Les décès de nouveau-nés représentent une proportion énorme : 44%, de la mortalité totale chez les enfants de moins de cinq ans. Ils représentent également une plus grande proportion des décès d’enfants de moins de cinq ans qu’en 1990. Ces décès ont tendance à survenir parmi les populations les plus pauvres et les plus défavorisées.
 
« Nous avons réalisé de remarquables progrès pour sauver les enfants de moins de cinq ans, mais la communauté internationale n’a pas été à la hauteur pour les très jeunes enfants, les plus vulnérables, a déclaré le Dr Mickey Chopra, Chef des programmes de santé de l'UNICEF à l’échelle mondiale. Ce groupe d'enfants a besoin d'attention et de ressources. En se concentrant sur la période cruciale entre le l’accouchement et les premières heures de vie, on peut augmenter de façon exponentielle les chances de survie de la mère et de l'enfant. »
 

 

 

Réanimation, allaitement, méthode « kangourou »…

 
La série Every Newborn de The Lancet identifie les interventions les plus efficaces pour sauver des nouveau-nés, notamment l’allaitement, la réanimation du nouveau-né, la méthode dite « soins maternels kangourou » pour les bébés prématurés (c’est-à-dire le contact prolongé entre la peau du bébé et celle de la mère*) et la prévention et le traitement des infections.
Il est essentiel aussi de disposer d’un financement plus important et d’une plus grande quantité d’équipement adéquat.
 
Les pays qui ont fait le plus de progrès pour sauver la vie des nouveau-nés ont porté une attention particulière à ce groupe dans le cadre d’une prise en charge globale des mères et des enfants de moins de cinq ans. Le Rwanda a réduit de moitié le nombre de décès de nouveau-nés depuis 2000, le seul pays d’Afrique subsaharienne dans ce cas. Certains pays à revenu faible ou intermédiaire accomplissent de remarquables progrès, par exemple en formant des sages-femmes et infirmières pour atteindre les familles les plus pauvres et dispenser des soins de meilleure qualité, en particulier pour les nouveau-nés d’un poids insuffisant, ou malades, à la naissance.
 

 

 

Chaque dollar investi rapporte 9 fois plus

 
Une enquête menée dans 51 des pays les plus touchés par les décès de nouveau-nés permet de  constater que si la qualité des soins reçus par les plus riches devenait universelle, il y aurait 600 000 décès de moins par année, soit une réduction de près de 20%.
 
Le plus grand nombre de décès de nouveau-nés surviennent en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne, l'Inde (779 000), le Nigéria (267 000) et le Pakistan (202 400) figurant en tête de ce classement. Dans les pays les plus touchés, chaque dollar investi dans la santé du bébé ou de la mère rapporte neuf fois plus en avantages sociaux et économiques.
 
L'UNICEF et l'Organisation mondiale de la Santé vont sortir, le mois prochain, le Plan d’action pour chaque nouveau-né en vue de mettre fin aux décès évitables de mères et d’enfants d’ici 2035.
 

(* Cette méthode et d’autres interventions sont mises en place avec le soutien du fonds français Muskoka, pour renforcer les systèmes de santé et freiner la mortalité maternelle, infantile et néo-natale au Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée, Mali, Niger, République Démocratique du Congo, Sénégal, Tchad, Togo et Haïti.)

 

En savoir plus

En savoir plus sur la publication « Every Newborn » de The Lancet (en anglais)

 

 
Plus d'information :

 

 

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