Nutrition : encore beaucoup à faire !

Publié le 01 mai 2006 | Modifié le 19 janvier 2016

Un quart des enfants du monde en développement souffre d'une insuffisance pondérale grave. Le rapport Unicef Progrès pour les enfants (avril 2006) affirme que la communauté internationale perd du terrain dans la lutte contre la dénutrition des enfants : depuis 1990 le pourcentage mondial d'enfants de moins de cinq ans présentant une insuffisance pondérale n'a diminué que de 5%.

Les défis :

  • En dépit des promesses et appels humanitaires, le pourcentage d’enfants présentant une insuffisance pondérale* dans les pays en développement n’a que très légèrement chuté au cours des quinze dernières années : à peine 5% depuis 1990. Le rapport Progrès pour les enfants (avril 2006) présente un bilan complet, pays par pays.
  • Cette situation est la preuve que la communauté internationale ne remplit pas ses obligations à l’égard des enfants. Dans les pays en développement, un quart des enfants de moins de cinq ans (soit 146 millions) présente une insuffisance pondérale (27%). Près de la moitié de ces enfants vivent dans trois pays seulement : l’Inde, le Bangladesh et le Pakistan. La dénutrition contribue au décès de 5,6 millions d’enfants de moins de 5 ans chaque année.
  • La dénutrition attaque les enfants à tous les stades de leur vie. Qu’il s’agisse du bébé dont le poids à la naissance est trop faible et qui meurt au cours de son premier mois d’existence ou de l’écolier dont les capacités d’apprentissage sont amoindries par une carence en vitamines, rien ne compromet plus les capacités de survie et de croissance d’un enfant ou les chances d’une nation de se débarrasser du carcan de la pauvreté.
  • Deux régions du monde seulement ont de bonnes chances d’atteindre la cible des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) visant à diminuer de moitié d’ici 2015 le pourcentage mondial d’enfants de moins de cinq ans présentant une insuffisance pondérale. La région Amérique latine et Caraïbes est sur la bonne voie. La région Asie de l’Est et Pacifique n’est sur la bonne voie que grâce aux succès de la Chine.
  • L’absence de progrès dans le domaine de la nutrition infantile compromet d’autres initiatives cruciales portant sur les maladies, la mortalité infantile, la santé maternelle et l’éducation.

Les solutions :

  • La dénutrition ne se traduit pas seulement par la faim, mais aussi par des carences en nutriments microscopiques essentiels, carences qui retardent le développement de l’individu dès sa conception. Des programmes visant à remédier aux carences en micronutriments (comme l’iodation universelle du sel et la supplémentation en vitamine A) ont donné des résultats spectaculaires. Encourager l’allaitement maternel exclusif est également l’un des outils les plus efficaces pour garantir une bonne nutrition pendant la petite enfance et après.
  • Mais fournir des vivres ne suffit pas. La dénutrition plonge ses racines dans la pauvreté, la dégradation de l’environnement et une mauvaise gouvernance. Nous ne progresserons que lorsque la nutrition enfantine deviendra un élément central des politiques et budgets de développement au plan national et international, ceci afin de procurer un soutien aux communautés en se focalisant particulièrement sur les plus jeunes et les plus démunis.
  • De meilleures connaissances en matière de nutrition au sein des ménages et des communautés doivent venir compléter les politiques visant à sauvegarder la nutrition du jeune enfant, de même que les services sanitaires de base comme le contrôle des maladies, une eau salubre et un assainissement de base.
  • Une planification adéquate en prévision des crises humanitaires et une réponse appropriée à celles-ci sont également nécessaires.
  • Une approche commune est indispensable si l’on veut progresser. Aucune organisation, aucun pays ne peut s’attaquer seul à ce problème.

*L’insuffisance pondérale est diagnostiquée en fonction du poids, de la taille et de l’âge d’un enfant.

Soutenir nos actions