Pakistan : Affronter l’hiver sans toit après les inondations

Publié le 23 décembre 2010 | Modifié le 31 août 2015

Dans la majorité des zones sinistrées par les inondations, les eaux de crues se sont retirées. Sur les 20 millions de personnes qui avaient été déplacées, la moitié est en train de reprendre le chemin de leurs foyers. Mais le bilan des inondations est lourd. Les dégâts sont énormes et l’hiver s’annonce très difficile.


Pas moins de 10 millions de personnes déplacées à travers le Pakistan sont en train de regagner leurs foyers. Parmi elles, Farzana Fayaz. Mère de 4 enfants, elle vit dans le village de Noonwala, au sud du Pundjab. Au moment des inondations, début août, elle a quitté sa maison, emmenant toute sa famille avec elle. De retour dans le peu qu’il reste de sa maison, elle a très peur de l’hiver. « Je suis inquiète pour mes enfants. La nuit, il fait très froid (…) Je voudrais seulement obtenir de la nourriture et un endroit chaud pour eux », explique t-elle.

Pour les familles pauvres qui retournent dans les zones rurales dévastées, la crise ne fait que commencer. Toutes ces familles disposent de ressources très faibles. Elles ont perdu leur bétail et leurs moyens de subsistance dans les inondations. Et il est encore plus difficile désormais de trouver un endroit pour permettre aux enfants de rester au chaud.

 

La situation d’urgence est toujours d’actualité

La crise n’évolue pas de la même manière entre le nord et le sud du pays. Au nord, les eaux se sont complètement retirées et la crise engendre de nouveaux défis pour les populations sinistrées et pour les acteurs humanitaires. Le froid approche à grands pas. Par conséquent, un soutien supplémentaire est indispensable, car une grande partie de la population peut être coupée du monde pendant la saison hivernale.

Au sud du pays, dans la province du Sindh notamment, certaines zones se trouvent toujours sous les eaux et les opérations de secours d’urgence continuent. De manière globale, les besoins en secours resteront très importants au cours des six prochains mois. De plus, le froid va avoir un impact très négatif sur une population déjà fragilisée : le nombre d’infections respiratoires aiguës va augmenter et les taux élevés de malnutrition vont s’aggraver.

C’est pourquoi, l’Unicef est présent pour répondre aux besoins des déplacés et pour les aider à faire face aux températures hivernales. D’après Jan Sigismund, coordinateur des urgences pour l’Unicef à Multan, « quand on voit des gens qui n'ont pas de maisons pour vivre, que les enfants n'ont pas d'école, qu'il n'y a pas de conditions correctes d'hygiène, alors bien sûr, il s'agit d'une situation d'urgence. »

Aujourd’hui, le Pakistan a profondément besoin de l’aide internationale. Un financement approprié est indispensable pour que l’Unicef continue à aider les sinistrés et à atteindre les personnes les plus vulnérables.

L'action de l'Unicef en quelques chiffres :

2,8 millions de personnes ont accès chaque jour à de l’eau potable.
1,5 million de personnes ont accès à des installations sanitaires.
9 millions d’enfants vaccinés contre la rougeole et la polio, en association avec l’OMS et le gouvernement pakistanais.
Plus de 300 000 femmes enceintes et jeunes mamans ont reçus des compléments alimentaires.
106 500 enfants ont accès à des centres scolaires provisoires.
104 400 femmes et enfants ont bénéficié des « espaces amis » dans les centres de déplacés.

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