Pakistan : deux mois après le début des inondations

Publié le 30 septembre 2010 | Modifié le 28 décembre 2015

Deux mois après le début des inondations, on compte plus de 20 millions de sinistrés au Pakistan. Sur ces 20 millions de personnes, plus de la moitié se trouvent toujours dans une situation très critique. Et pour les plus vulnérables, les choses vont en s’aggravant.

 

 

Malgré l’état déplorable dans lequel se trouvent leurs maisons aujourd’hui, de nombreuses personnes déplacées ont commencé à retourner chez elles, notamment dans les provinces du Punjab et du Khyber Pakhtunkhwa (dans le nord-ouest du pays). Dans d’autres régions, le retour des populations est beaucoup moins important comme au Balouchistan, et plus particulièrement dans le Sindh.

Aujourd’hui encore, 1/5e du pays se trouve sous les eaux : les infrastructures endommagées, les habitations détruites, les champs dévastés et les eaux stagnantes font désormais partie du quotidien.

Dans ce contexte d’extrême fragilité, il est essentiel que les interventions de secours soient efficaces. Les eaux contaminées et l’accès limité à la nourriture, surtout pour les enfants, peuvent détériorer davantage la situation humanitaire, si des mesures de précaution supplémentaires ne sont pas mises en place. C’est pourquoi, l’aide d’urgence est plus que jamais d’actualité au Pakistan. En effet, sur le terrain, les abris, les médicaments, l’accès à la nourriture, l’eau potable et les installations sanitaires manquent encore cruellement.

Par ailleurs, l’aide humanitaire se heurte à un problème majeur : les populations ont souvent fui là où elles le pouvaient, et par conséquent, de nombreuses familles sont très difficilement accessibles. Elles continuent à boire de l’eau contaminée et certains membres de ces familles se déplacent sur des kilomètres pour ramener de l’eau.
 
Signe fort de la détresse dans laquelle est plongé le pays, dans les consultations médicales d’urgence, 20 % de la population sinistrée est atteinte de diarrhée, d'infection respiratoire aiguë ou d’autres  maladies. Et comme il y a un peu partout des nappes d'eau stagnante, le paludisme se propage, ce qui ne fait qu’aggraver la situation.
 
À l’heure actuelle, 1,7 million de personnes vivent dans des écoles transformées en abris et des millions d’autres se sont installées dans des habitations provisoires. En conséquence, le besoin en structure d’hébergement est urgent et la question de la malnutrition parmi les femmes et les enfants devient inquiétante.

La réponse de l’Unicef
 
L’Unicef et ses partenaires fournissent de l’eau potable à 3,6 millions de personnes. Grâce à 600 camions citernes, l'Unicef distribue 5 millions de litres d’eau potable chaque jour.

Les enfants étant la priorité numéro 1, le gouvernement du Pakistan a déjà mis en place des écoles et espaces récréatifs provisoire sous tentes, dans les camps de déplacés, avec l’aide de l’Unicef. Un moyen, certes provisoire, de suivre un enseignement et d’être dans un environnement protecteur, en attendant que la situation se normalise. Environ 450 centres de ce type ont été installés jusqu’à présent, à destination d’environ 38 0000 enfants.

Face à l’urgence, l’Unicef, d’autres agences onusiennes et leurs partenaires ont demandé aux donateurs de concrétiser leurs engagements financiers afin de répondre aux besoins des communautés sinistrées.

 

Lire aussi : la tribune de PPDA et Jacques Hintzy parue sur le site internet du journal Le Monde

 

En savoir plus

Les chiffres clés :

-Plus de 1,5 million d’enfants de moins de 5 ans ont été vaccinés contre la polio.

-1,1 million d’enfants âgés de 6 à 59 mois ont reçu le vaccin de la rougeole.

-On compte désormais 232 espaces dédiés à l’accueil et à la protection des enfants, sur les 500 que l’Unicef a prévu d’installer.

-Aujourd’hui, 3122 écoles sont utilisées comme des abris temporaires.

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