Paludisme, la lutte continue

Publié le 25 avril 2012 | Modifié le 17 décembre 2015

A l’occasion de la journée africaine contre le paludisme, le 25 avril, l’Unicef se mobilise pour faire reculer ce fléau, qui menace des millions d’enfants à travers le monde. Les progrès réalisés sont énormes, mais il reste encore beaucoup de travail.

 

 

Année après année, l’objectif reste le même. Eradiquer le paludisme, qui fait des ravages en Afrique sub-saharienne, et dans certains pays d’Asie du Sud-Est. Cette maladie reste l'une des trois causes principales de décès pour les enfants de moins de cinq ans dans le monde ; elle a tué, selon l’OMS, 655 000 personnes pendant la seule année 2010, dont 86% d’enfants de moins de cinq ans. On estime qu’un enfant meurt chaque minute à cause de cette maladie, pourtant évitable et soignable. La journée mondiale du paludisme est l’occasion de faire le point sur la situation. Et de constater de réels progrès.

 

 

De grands progrès en 10 ans

Tout d’abord, les chiffres traduisent une évolution encourageante. En dix ans, le paludisme a reculé. Il tue beaucoup moins qu’il ne le faisait, à titre de comparaison, au début des années 2000. La mortalité a diminué de 25% en dix ans au niveau mondial, et cette baisse atteint même 33% en Afrique. L’action de l’Unicef et de ses partenaires a clairement porté ses fruits sur le terrain. « On constate énormément de progrès, les choses vont dans le bon sens », constate Marie-Reine Fabry Jibidar, conseillère régionale santé Unicef en Afrique de l’Ouest et du centre.

 

D’une part, des traitements combinés très efficaces à base d'artémisinine (ACT) ont vu le jour et remplacé les traitements précédents. Le Partenariat Roll Back Malaria (RBM, en français « Faire reculer le paludisme »), fondé notamment par l’UNICEF et l’OMS pour mener une action combinée et concrète contre le paludisme, en partenariat avec les gouvernements locaux, a lancé une dynamique constructive dans l’accès aux médicaments pour les plus vulnérables.

 

D’autre part, de plus en plus de familles ont pu bénéficier de moustiquaires imprégnées d’insecticide, et même si le taux de couverture reste encore insuffisant, c’est indéniablement une raison centrale du recul du paludisme.
Enfin, la prise en charge précoce de la maladie, notamment auprès des femmes enceintes, a donné de bons résultats, comme au Sénégal. « Nous avons de très bons retours d’expérience, explique Marie-Reine Fabry Jibidar. Les agents de santé sont mieux formés, et vont désormais directement à la rencontre des communautés. »

 

 

Inquiétudes

Ces données sont encourageantes, mais le combat contre le paludisme n’est pas gagné, loin de là. Obstacle majeur à ces améliorations : la crise économique mondiale. Et la difficulté de lever les fonds nécessaires. « On le constate par exemple auprès de la CEDEAO (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest), s’inquiète le docteur Fabry Jibidar: il y a beaucoup d’engagements signés, c’est une bonne chose, mais l’argent peine à arriver ». De fait, maintenir les résultats obtenus jusqu’à maintenant est un défi de tous les jours. Par exemple, le fait d’avoir distribué ces moustiquaires imprégnées d’insecticide aux populations les plus fragiles ne fait pas tout ; il faut un suivi, renouveler le matériel, continuer de sensibiliser les populations. Ne pas baisser la vigilance. Et tout cela demande des moyens. Un autre motif d’inquiétude est récemment venu de Thaïlande : des résistances au traitement ACT ont été constatées. Ce problème n’est pas d’actualité en Afrique mais il n’est pas à exclure, et marquerait un sérieux coup d’arrêt dans cette lutte contre le paludisme.

 

Horizon 2015

Les années à venir seront déterminantes. Les progrès de la médecine vont être au centre des attentions, et permettront peut-être des avancées significatives. A Berlin, des chercheurs ont mis à jour début 2012 une nouvelle technique permettant de produire en grande quantité et à bas coûts l'artémisinine, extraite jusqu’à présent d’une plante chinoise. Le traitement ACT, cher à produire, pourrait alors être distribué à très grande échelle. Enfin, à l’horizon 2015, un vaccin antipaludéen, qui réduirait le risque de contracter la maladie, sera peut-être disponible. Un laboratoire britannique a obtenu des résultats intéressants fin 2011, « un grand espoir » pour Marie-Reine Fabry Jibidar. Ce serait une avancée historique, pour la survie des enfants d’Afrique subsaharienne.

 

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En savoir plus

Paludisme : du sang, de la sueur et des larmes

Exposition du photographe Adam Nadel du 18 mai au 2 juin 2012 à l'Hôtel de ville de Paris

 

 

En savoir plus sur l'exposition

Voir l'exposition sur le site du New York Times

 

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