Plus d'un enfant sur deux sans toit

Publié le 24 juin 2010 | Modifié le 31 mars 2016

A Djibouti, la majorité des enfants vivent dans une pauvreté « abjecte » qui les expose à des menaces de mort. C’est ce que révèle un rapport rendu public par l’Unicef et le Ministère djiboutien de la promotion des femmes et des affaires sociales.

Le rapport sur la pauvreté infantile à Djibouti est accablant : deux enfants sur trois sont privés d’au moins un droit fondamental, celui d’avoir un abri, accès à l’eau, à l’alimentation, à l’éducation ou à la santé. L’absence d’abri est le problème le plus répandu : plus de la moitié des enfants de Djibouti n’ont pas de vrai domicile. Les chiffres sont encore plus alarmants dans les milieux ruraux : 9 enfants sur 10 n’ont pas de toit ! Dans les zones urbaines, ils sont exposés aux risques d’exploitation et d’abus ; dans les campagnes, ils sont deux fois plus nombreux que dans les villes à ne pas avoir accès aux services de base.

Une situation compliquée par la malnutrition

De réels progrès ont été réalisés ces dernières années pour offrir des services sociaux aux enfants : en matière de lutte contre les maladies infantiles, de scolarisation, d’assistance aux orphelins… Mais aujourd’hui, ces avancées risquent d’être anéanties par cette très grande pauvreté. Seule manière de l’éviter, pour l’Unicef : mettre l’aide les enfants au sommet des priorités politiques publiques. D’autant que la situation déjà délicate est compliquée par le problème de forte malnutrition qui sévit à Djibouti : près d’un tiers des moins de cinq ans font face à une malnutrition aigüe, et 5% d’entre eux sont sévèrement mal nourris et risquent de mourir.

« Il est temps d’agir »

Face à cette situation, l’Unicef va intensifier ses actions et continuer son programme « survie et développement de l’enfant » qui inclut notamment des campagnes de vaccination, des distributions de compléments alimentaires à base de vitamine A, et de sensibilisation à la santé au sein des collectivités locales. Pour Josefa Marraton, représentante de l’Unicef à Djibouti, «il est temps d’agir pour remplir nos engagements pour les enfants de Djibouti. La clé de leur futur repose sur notre capacité à changer la réalité faite de privation dans laquelle ils vivent».