Pour une prise en charge durable des orphelins du sida au Cameroun

Publié le 04 juillet 2007 | Modifié le 31 mars 2016

Auprès des orphelins et des enfants vulnérables du Cameroun, l'Unicef apporte un soutien médical mais aussi social.

Auprès des orphelins et des enfants vulnérables du Cameroun, l'Unicef apporte un soutien médical mais aussi social.

Perdre ses parents du sida dans un contexte de pauvreté généralisée. Grandir avec un parent malade ou sans parent. Elever ses frères et sœurs lorsqu’on a juste 10 ans. Au-delà des clichés d’un Cameroun « Afrique en miniature », terre d’un tourisme international grandissant, le pays du golfe de Guinée doit aujourd’hui faire face à une pandémie de sida généralisée dont les enfants sont les victimes silencieuses et invisibles.

Elisabeth a 23 ans. Elle habite Bamenda. Depuis le décès de sa sœur à cause du sida, c’est elle qui s’occupe d’élever ses deux nièces. Elle-même mère de deux enfants, Elisabeth a donc en charge la survie et l’éducation de 3 filles et d’un petit garçon de 10 mois. Sa vie a basculé lorsque son mari est mort il y a six mois. Du sida. Seule, son activité de vente de légumes lui permet difficilement d’assurer l’intégralité des besoins de sa famille. Dans un contexte d‘extrême pauvreté, les familles touchées par le sida se retrouvent dans des situations précaires où le moindre imprévu (épisode pathologique, manque à gagner, frais médicaux ou scolaires) devient un défi.

Les conséquences économiques et sociales du VIH/sida

Le prix même du taxi pour rejoindre le centre de santé est un luxe. Au delà de l’aspect thérapeutique, le VIH/sida a donc des conséquences sociales et économiques violentes sur des dizaines de milliers de familles et d’enfants au Cameroun.

Depuis 2004, l’Unicef Cameroun, en collaboration avec la coopération française et l’Unicef France, développe un large programme de prise en charge des enfants rendus vulnérables à cause du sida autour d’une ambition : assurer aux familles touchées par le VIH/sida, l’accès durable aux services essentiels (santé, alimentation, école, justice, soutien psychologique).

En s’appuyant sur un réseau d’associations locales bien implantées dans trois grandes villes du pays, Douala (province littorale), Bamenda (province du Nord Ouest) et Ngaoundéré, les activités de l’Unicef visent la prise en charge de plus de 6000 enfants identifiés comme les plus vulnérables.

Dans le cadre du programme, les enfants reçoivent d’abord un ensemble de service essentiels pour leur santé (moustiquaire imprégnée, déparasitage, vaccination, doses de vitamine A) et pour leur protection (les associations s’assurent que les enfants sont bien enregistrés à l’état civil, afin, entre autre, qu’ils ne soient pas spoliés de leur héritage).

Grâce au tissu d’associations engagées dans le programme, les enfants bénéficient de visites régulières de volontaires afin d’identifier les besoins, les situations les plus problématiques et d’aiguiller les enfants vers les services sociaux compétents.

Ainsi, des accords ont été signés avec les centres de santé afin d’assurer un accès gratuit des orphelins et des enfants vulnérables pour les soins et les médicaments essentiels. Dans le même sens, des accords sont passés avec certaines écoles publiques pour scolariser à moindres frais les enfants coupés du système éducatif.

Enfin, afin de renforcer les capacités des parents à subvenir aux besoins de leur famille, le programme assure un appui alimentaire, des formations à la nutrition, et va développer le lancement d’activités génératrices de revenu au profit des familles les plus fragiles.

Pour assurer une pérennité des activités qui ont été lancées, l’appui direct, fondamental, des associations ne peut suffire. C’est donc un travail profond de renforcement des services publics de l’éducation, de la santé et de la protection, au niveau des capitales provinciales qui est effectué, afin que chacun prenne ses responsabilités et assure le respect des droits des orphelins du sida.

Il y aurait aujourd’hui près de 240 000 enfants rendus orphelins et vulnérables à cause de l’épidémie de sida au Cameroun.

Soutenir nos actions