Quel accès à l’éducation?

Publié le 02 septembre 2009 | Modifié le 30 décembre 2015

En France, plus de 160 000 enfants en situation de handicap sont scolarisés dans des classes ordinaires. Mais de nombreux autres sont laissés de côté. Et certains ne suivent qu’un enseignement de quelques heures par semaine. L’UNICEF plaide pour une meilleure prise en charge éducative de ces enfants.

Certaines associations parentales estiment que 20 à 40 000 enfants en situation de handicap ne sont pas scolarisés. Le ministère de l’Education nationale en compte 16 000. Pourtant, la loi du 11 février 2005, réaffirme le principe de l’égal accès de tous les enfants à l’école. Et la scolarité de ces jeunes vulnérables doit s’effectuer en priorité en milieu scolaire ordinaire, avec, si besoin, aménagements et accompagnements nécessaires.

3 heures d’école par semaine

En 2008, 162 000 enfants handicapés ont été scolarisés en milieu ordinaire en France. Un chiffre qui a doublé entre 2002 et 2008. Mais il reste de grands progrès à accomplir pour que tous les enfants handicapés puissent accéder à une éducation. Certains des enfants comptabilisés dans ces statistiques ne bénéficient pas en effet d’une scolarisation optimale.

Comme le souligne la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) dans son avis du 6 novembre 2008 , l’élève inscrit dans son école de quartier et qui suit trois heures de classe par semaine fait partie de ces 162 000 enfants recensés. L’Unicef soutient la CNCDH : il faut que les enfants en situation de handicap puissent bénéficier d’un nombre d’heures de cours significatif.

Pour améliorer cette prise en charge éducative des enfants handicapés, il faut notamment augmenter aujourd’hui le nombre d’assistants de vie scolaire (AVS). Et sortir ces agents de la précarité pour qu’il n’y ait pas de rupture dans l’accompagnement des enfants. Plus loin, il est également important de former les enseignants à cette mission d’éducation des jeunes handicapés mais aussi de réduire les disparités entre les départements français.

L’école… mais pas à tout prix

Si l’Unicef défend évidemment ce principe d’égal accès de tous les enfants à l’éducation, il pointe aussi les limites de cette scolarisation en milieu ordinaire pour les enfants les plus en difficulté.

Dans son rapport rendu public récemment, l’Unicef France souligne qu’il convient aussi de reconnaître ces limites, lorsque les enfants sont mis en situation d’échec et de grande détresse. Des situations qui peuvent survenir faute d’un environnement propice et d’un accompagnement adapté. Il faut donc promouvoir l’accès à l’éducation en milieu ordinaire, mais pas à tout prix. Pour le bien de ces enfants, la France doit aussi préserver des réponses dans des établissements spécialisés. Voire trouver des procédures alternatives combinant intégration à l’école et accueil dans un établissement médico-social.

 

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