À quoi sert la Nuit de l’Eau ?

Publié le 02 mars 2010 | Modifié le 31 mars 2016

Les fonds récoltés soutiendront un programme d’accès à l’eau dans les écoles du Togo. Questions à Fataou Salami, spécialiste de l'eau et de l'assainissement à l’Unicef Togo.

Quelle est la situation du Togo, aujourd’hui, en terme d’accès à l’eau ?
Elle s’est fortement dégradée depuis les troubles socio politiques des années 90. Avant cette période, 59% de la population avait accès à l’eau potable : le chiffre a chuté à 39% aujourd’hui à cause du retrait des bailleurs de fonds, du  manque d’investissement et du taux de panne (30 à 40%) des forages. En matière d’assainissement, seulement 31% de la population togolaise dispose de latrines ou de moyens d’assainissement de base. Ce taux est de 17% en milieu rural. Notre objectif, d’ici 2015, est que 61% des Togolais aient accès à l’eau potable et 45% à des moyens d’assainissement.

Pourquoi le programme cible-t-il les écoles ?
Ce sont souvent les enfants (et particulièrement les  filles) qui parcourent des distances pour la corvée d’eau. Les filles font des heures de marche à la recherche d’eau (souvent de mauvaise qualité) et finalement abandonnent l’école. Avec les interventions d’eau, d’hygiène et d’assainissement en milieu scolaire (point d’eau, latrines séparées garçons-filles), nous avons constaté une bonne évolution des taux de scolarisation (celui des filles en particulier) : pour l’Unicef, c'est l'occasion de faire d'une pierre deux coups.

Quels équipements comprend le programme ?
Dans chaque école, une citerne de captage d’eau de pluie, d’une capacité de 50 m3, fournit l’eau de boisson. Chaque salle de classe dispose d’un poste d’eau potable (PEP) muni d'un robinet à partir duquel chaque enfant peut aller chercher de l’eau. Le PEP est  rempli chaque matin et les enfants se servent à l’aide d'un gobelet individuel (on ne joue pas avec l’eau au niveau de la citerne). Dans la cour, des blocs sanitaires séparés filles et garçons (latrines) sont équipés de dispositifs de lavage des mains. Les  enseignants, des enfants et des parents d’élèves sont formés pour la promotion de l’hygiène en milieu scolaire. Un module de formation est élaboré avec les outils de l’approche PHAST (Participatory Hygiene and Sanitation Transformation, l'éduation aux bonnes pratiques d'hygiène et à l'utilisation des latrines). Les enfants et les comités de parents d’élèves gèrent et entretiennent tous les ouvrages. En général, il n’y a pas de cantine mais plutôt des revendeuses de denrées alimentaires qui viennent vendre les repas aux enfants.

S’agit-il d’un programme pionnier au Togo, ou bien l’Unicef en est-il au stade du passage à l’échelle, en visant une couverture nationale ?
Ce programme a démarré en 1998 avec l’Unicef et d’autres partenaires. Il ne s’agit plus, à présent, d’une série d’initiatives isolées. Le programme actuel se déploie sur la période 2008-2012, nous préparons une évaluation à mi-parcours, mais on estime déjà à près de 25% la proportion  d’écoles ayant accès aux installations d’eau, d’hygiène et d’assainissement. Beaucoup d’efforts restent encore à faire, car pour une bonne avancée vers les Objectifs du millénaire pour le développement,  le Togo doit intervenir en eau, hygiène et assainissement dans 200 école par an.