RCA, entre conflit et VIH/sida : un pays en plein chaos

Publié le 26 septembre 2013 | Modifié le 31 mars 2016

Depuis le coup d’Etat qui a renversé le pouvoir par les rebelles de la Séléka en mars 2013, la République centrafricaine continue de s’enfoncer encore plus profondément dans la crise.

Déplacements de populations, violences, malnutrition

 
Comme souvent, ce sont les chiffres qui permettent de mieux se rendre compte de la gravité de la situation dans le pays. Aujourd’hui, 4,6 millions de Centrafricains sont touchés par la crise, soit la totalité de la population du pays. Les évaluations les plus récentes menées par les Nations unies montrent qu'il y a maintenant près de 400 000 personnes déplacées par les combats, dont environ 170 000 qui ont été déracinées par les violences de ces dernières semaines. Nombre d’entre elles se cachent encore dans la brousse, craignant de sortir. Plus de 60 000 personnes ont fui vers les pays voisins.
 
Les enfants sont les premières victimes du chaos dans lequel est plongé le pays. Plus de 650 000 n’ont pas la possibilité, à l’heure actuelle, de se rendre à l’école, alors que 3 500 ont été enrôlés dans des groupes armés.
 
L’insécurité alimentaire quant à elle, perdure : plus de 10,5% de la population, soit 484 000 habitants (l’équivalent de la population de la Drôme, par exemple), est vulnérable à l’insécurité alimentaire, tandis que 57 500 enfants risquent la malnutrition aigüe sévère.
 
Malheureusement, ces chiffres viennent renforcer l’autre crise, latente et dramatique dont les enfants ne sont pas épargnés, la prévalence du sida, particulièrement élevée en RCA.
 

Le cercle vicieux du sida et de la malnutrition

 
La République centrafricaine est l’un des pays les plus touchés au monde par le virus du VIH/sida. Sur les 4,6 millions de Centrafricains, en 2011 plus de 130 000 vivaient avec le VIH/sida, dont 20 000 enfants. 140 000 sont devenus orphelins à cause du virus sur l’ensemble des enfants de moins de 17 ans la même année.
 
Pour Valérie Serres, spécialiste sida au Bureau Régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, la crise politique et sécuritaire ne fait qu’aggraver la prévalence du sida dans le pays : « Les gens ont peur d’aller dans les hôpitaux, dont les bureaux ont souvent été saccagés. […] Par ailleurs, les viols en RCA sont nombreux et se sont amplifiés avec le conflit. La prise en charge médicale de ces victimes doit être systématique, tout comme doit être le dépistage du VIH chez les enfants malnutris. »
 
Car la malnutrition, en dégradant le système immunitaire augmente le risque de contracter des infections. Inversement, les infections, elles, entrainent une détérioration de l'état nutritionnel.
 

La réponse de l’UNICEF

 
L’UNICEF continue de travailler avec ses partenaires en dépit de conditions très difficiles, pour fournir une assistance  humanitaire cruciale. Début octobre, l’UNICEF livrait une aide d’urgence à quelque 5 500 familles récemment déplacées par la violence dans les préfectures du nord-ouest de la République centrafricaine. La majorité des personnes déplacées sont des femmes et des enfants qui vivent actuellement dans des conditions déplorables, sans accès à l'eau potable, ni à des abris.
 
Ces fournitures essentielles comprennent de l'eau potable, des bâches, des couvertures, des nattes, des jerrycans et du savon. L'UNICEF a également distribué du matériel de santé et de nutrition d'urgence à plusieurs partenaires, ainsi que d’autres fournitures.
 
Mais le manque de financement reste toujours un obstacle majeur. Pour le reste de l’année 2013, les fonds dont l’UNICEF a besoin pour remplir sa mission s’élèvent à plus de 15 millions d’euros.
 
Nous avons besoin de votre soutien, pour venir en aide aux enfants victimes de ce conflit.

 

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