RD Congo : 2 914 enfants soldats démobilisés

Publié le 06 avril 2005 | Modifié le 31 mars 2016

Aujourd’hui l’UNICEF a confirmé que 2 914 enfants associés aux groupes armés sont passés par les 7 centres de désarmement et de réintégration communautaire (DCR) du district de l’Ituri depuis septembre 2004. Avant eux, 399 enfants (337 garçons et 62 filles) avaient été accueillis par les agences de protection de l’enfance du district de l’Ituri avant le début du processus DCR en septembre 2004.

La Commission Nationale de la Démobilisation et Réinsertion (CONADER), structure du gouvernement congolais, coordonne tout le processus de désarmement. Sur les 2 914 enfants qui ont été accueillis en Ituri, 2 323 sont des garçons et 561 des filles. « Alors que le nombre d’enfants ayant quittés les forces armés et les groupes armés a augmenté en Ituri, nous sommes très préoccupés par le très petit nombre de filles qui ont été libérées. » a déclaré Trish Hiddleston, la responsable Protection de l’UNICEF en RDC. L’UNICEF appelle toutes les forces et groupes armés à libérer immédiatement tous les enfants, garçons et filles – quel que soit leur rôle – pour qu’ils puissent reprendre le cours normal de leur vie avec leur famille et retourner à l’école. L’UNICEF et ses partenaires continueront à accueillir les enfants associés aux groupes armés et à demander l’arrêt total du recrutement d’enfants, une violation des lois congolaises et internationales.

Bien que le nombre d’enfants recueillis à ce jour ait progressé, l’UNICEF estime que dans le seul district de l’Ituri, au moins autant d’enfants pourraient être entre les mains de groupes armés et une proportion bien plus importante dans le reste du pays. Les filles et les garçons ne sont pas seulement utilisés pour combattre mais également comme porteurs, cuisiniers, etc. Souvent, les filles et les garçons ne sont pas seulement victimes quotidiennement de violences psychologiques, verbales et physiques mais aussi sexuelles, ce qui les expose au VIH/Sida, aux maladies sexuellement transmissibles et à la grossesse. Il est particulièrement difficile pour les enfants – filles et garçons – de reprendre une vie normale à cause des blessures psychologiques, physiques et des stigmates dus à ces violations. Un espace spécifique pour les enfants existe dans chaque site de DCR, financé par l’UNICEF et ses partenaires. Les enfants y sont enregistrés et transférés dans un délai maximum de 48 heures vers un service de soins. Une recherche familiale est effectuée si l’enfant ne peut être immédiatement réuni avec sa famille. L’UNICEF et ses partenaires assurent une assistance temporaire jusqu’à la réunification avec la famille.

Chaque enfant reçoit une chemise, un pantalon, des chaussures, un matelas, une couverture, du savon, des biscuits hyperprotéinés, etc. La fourniture de vêtements civils est très importante dans le processus de réintégration car beaucoup d’enfants arrivent dans les centres avec des uniformes militaires. L’UNICEF fournit également aux centres des médicaments, ainsi que de l’eau et des installations sanitaires.

Pour la plupart des enfants, retrouver un environnement familial et une communauté, loin des vies traumatisantes dans les groupes armés, est le soutien le plus efficace qui peut être apporté. Une fois que l’enfant a rejoint sa famille, les organisations de protection de l’enfance assurent un suivi à long terme pour garantir une réintégration réussie et dans la durée, au sein de la communauté. Comme dans tout le reste du pays, des centaines de milliers d’enfants en Ituri ont été touchés par la guerre. Ils ont enduré des violations massives de leurs droits, comme l’enrôlement dans les groupes armés, les violences sexuelles, physiques et psychologiques, les déplacements, la séparation familiale, le manque d’accès aux services de santé et d’éducation dû aux pillages et aux destructions de beaucoup d’hôpitaux et d’écoles.

Presque tous les enfants, et notamment ceux qui ont été enrôlés, ont déclaré au personnel de l’UNICEF qu’ils souhaitaient aller à l’école. « Leur désir d’apprendre et d’avoir une vie normale, de redevenir un enfant est très émouvant » a déclaré Trish Hiddleston. « Les congolais accordent une place importante à l’éducation et les écoles ne permettent pas seulement aux enfants d’apprendre dans un environnement protecteur, mais l’éducation contribue également à prévenir les futurs conflits, enrôlements ou ré-enrôlements ainsi qu’à faciliter la réintégration et à promouvoir la réconciliation. » Les projets pour soutenir l’éducation des enfants qui ont été recrutés sont en augmentation mais il faut aussi proposer des alternatives pour les enfants plus âgés comme la formation professionnelle ou les activités génératrices de revenus. « Assurer la pérennisation de la réintégration des filles et des garçons enrôlés dans les groupes armés est un vrai défi, particulièrement au Congo où les conditions de vie sont très précaires et où beaucoup de familles sont vulnérables, » a ajouté Trish Hiddleston. «La réintégration est particulièrement difficile, et importante, dans un contexte comme l’Ituri où la sécurité n’est pas garantie et l’accès humanitaire très limité. »

Les sept années de conflit en RDC ont fait plus de 3 millions de morts depuis 1998, une des pires crises au monde. Le gouvernement estime qu’environ un dixième des combattants en RDC sont des enfants soit environ 33 000 enfants répartis dans tout le pays. L’UNICEF travaille en collaboration avec la CONADER et d’autres partenaires dont Caritas, Coopi, International Rescue Committee, Save The Children-UK, Amapad, Apek, Adecor, ADR, UNDP, WFP et la Monuc. L’UNICEF et ses partenaires fournissent une assistance financière et technique pour assurer les soins d’urgence, les recherches familiales et les réunifications, les soins psychologiques, l’éducation, la formation professionnelle et les activités récréatives.

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