Sébastien Lyon : « Plus d’égalité pour les enfants ! »

Publié le 13 avril 2016 | Modifié le 27 avril 2016

Dans son dernier rapport sur le bien-être des enfants dans les pays riches, l’UNICEF met en lumière une situation préoccupante : dans la majorité des 41 pays analysés, les inégalités se creusent, et les 10% d’enfants au plus bas de l’échelle sont laissés pour compte. Sébastien Lyon, Directeur Général de l’UNICEF France, nous éclaire sur les enseignements de cette étude, et les recommandations de l’UNICEF pour réduire ces inégalités.

Que nous apprend le dernier rapport de l’UNICEF sur le bien-être des enfants dans les pays riches ?

Que les inégalités entre les enfants augmentent ! Ce Bilan se concentre sur l’écart entre les enfants les moins bien lotis, et ceux du milieu, et les chiffres montrent à quel point les plus défavorisés sont laissés pour compte.

Les données ne sont pas nouvelles (statistiques de l’UE, enquêtes nationales, rapport PISA…) mais pour la première fois, elles sont croisées, et évaluent la performance de 41 pays non pas en les opposant à un concept abstrait d’égalité ou de « moyenne », mais en les comparant entre eux, au regard de références concrètes : les niveaux que d’autres pays ayant un développement économique comparable sont déjà parvenus à atteindre.

La démarche de l’UNICEF n’est pas de pointer du doigt un pays en particulier, mais bien de voir les problématiques dans leur globalité et sur le long-terme, afin de d’accompagner les pays dans la réduction des inégalités dont les enfants sont victimes.
 

Ces données reflètent-elles bien la réalité vécue par les enfants ?

Pour l’UNICEF, il est capital de prendre en compte (et au sérieux !) la parole des premiers concernés : les enfants eux-mêmes. Améliorer leur vie ne peut se faire sans avoir au préalable recueilli leur expérience et leur avis.

C’est ce que l’étude fait en matière de santé et de satisfaction dans la vie, avec des données fondées sur la perception des enfants : les problèmes de santé ont été signalés par les enfants eux-mêmes, et les notes de satisfaction entre 0 et 10 ont été données par les enfants sur leur propre vie.

Que préconise l’UNICEF pour réduire ces inégalités ?  

Ce Bilan appelle les gouvernements à concentrer les politiques publiques sur les enfants les plus défavorisés : protéger les revenus des foyers des enfants les plus pauvres, se concentrer sur l’amélioration de la réussite scolaire des élèves défavorisés, promouvoir et permettre un style de vie sain… Mais également prendre le bien-être subjectif des enfants au sérieux, et intégrer leur voix dans le processus de collecte de données.

Le problème ne se situe pas à un niveau purement économique, il s’agit plutôt d’un déploiement inégal des services et ressources au détriment des enfants les plus vulnérables, avec pour conséquence une accumulation de difficultés pour ces derniers.

La bonne nouvelle, c’est que réduire les inégalités subies par les enfants du bas du classement est une manière efficace d’améliorer les résultats pour tous les enfants, et que les stratégies les plus efficaces impliquent des mesures simples et peu coûteuses.

 

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