Une tente pour l'Asie du Sud

Publié le 17 février 2005 | Modifié le 24 juin 2015

Une tente d’urgence Unicef, c’est ce qu’ont pu découvrir jeudi 20 janvier au matin, en arrivant dans leur établissement, les élèves de la cité scolaire de Bois Colombes. Un événement très attendu par les élèves du collège Albert Camus.

Voilà près de trois semaines qu’ils se sont mobilisés, tous ensemble, pour apporter leur soutien aux enfants touchés par le séisme d’Asie du Sud-Est. Le 3 janvier dernier, jour de la rentrée des classes, les élèves ont à peine pris le temps de se raconter leurs vacances. Très vite, les conversations ont porté sur le drame qui venait d’accabler l’Asie du Sud. Ils l’avouent volontiers : tous ont été très choqués par les images qu’ils ont pu voir à la télévision. « J’ai été très surprise par l’ampleur de la catastrophe, explique Liliane, 15 ans. J’ai eu les larmes aux yeux en voyant les images. Je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose. » Très rapidement, les élèves ont été très nombreux à souhaiter exprimer leur générosité. Une urne a d’abord été déposée dans le bureau de la conseillère principale d’éducation pour recueillir les premières manifestations de générosité. Parmi les premiers donateurs, Maximilien, 10 ans. « Moi, j’ai donné avant ! », précise cet élève de sixième, en essayant de se souvenir de la façon dont l’opération s’est construite. « Avant qu’on aille voir le proviseur pour lui expliquer notre désir de collecter des fonds en faveur de l’Unicef », explique Liliane. Une initiative qui a su séduire Madame Baillehache, chef de l’établissement, qui a toutefois imposé une condition aux élèves : prendre contact avec l’Unicef pour bien comprendre les enjeux d’une telle action

Pendant deux heures, la présidente du comité des Hauts-de-Seine, Laurence Hintzy, est ainsi intervenue devant une centaine de délégués-élèves, représentant les 50 classes de collège de cet établissement. Une présentation motivante, puisque les élèves ont choisi de relever le défi de collecter au moins 1000 euros, avec l’objectif de dédier cet argent essentiellement à des tentes pouvant accueillir des écoles provisoires et du matériel scolaire sous la forme d’un kit « école dans la boîte ». Ce sont deux élèves de troisième, déléguées au conseil d’administration, Liliane et Coralie, qui se sont chargées de veiller sur l’urne servant à la collecte lors d’une journée spéciale, le lundi 10 janvier. Une mobilisation efficace, puisque ce sont, finalement, 2672,10 € qui ont été rassemblés.
 
C’est pour permettre aux jeunes de voir concrètement à quoi correspondaient leurs efforts et quelle était l’action de l’Unicef sur le terrain, que les bénévoles du comité Unicef des Hauts-de-Seine ont souhaité planter une tente de 25 m² dans le jardin de l’établissement et présenter une école dans la boîte », ainsi que du matériel médical d’urgence, aux élèves. Karin Liebe, responsable du Plaidoyer pour le comité, et Laurence Hintzy, ont alors pu expliquer aux élèves la façon dont l’Unicef venait en secours aux enfants dans les situations d’urgence. Une opération réussie, à en croire l’étonnement des jeunes donateurs. Emma, 11 ans, sous ses jolies nattes, a « trouvé la tente petite pour 40 enfants. C’est bien quand même. Même si les enfants ont été bouleversés par le tsunami, ils peuvent reprendre une vie normale. » « On se sent assez fiers, renchérit Maximilien. On se sent mieux quand on a fait quelque chose. Quand on a vu la tente, on était surpris par la taille, mais content pour eux. C’est quand même une tente pas mal. Il y a pas mal de choses pour faire la classe. » Coralie, 14 ans, partage les mêmes sentiments : « Je ne savais pas qu’une telle tente pouvait exister. Il y a aussi beaucoup de choses dans ‘‘l’école en boîte’’ ». Coralie et Maximilien partagent également la même envie : partir sur le terrain pour se sentir encore plus utile. Mais Liliane met un bémol à cet enthousiasme : « Il ne faut pas partir à l’aveugle. Il faut avoir un bon mental, parce qu’il y a des choses difficiles à voir. Et puis, il faut de l’organisation. » Si c’est la première fois qu’ils s’impliquaient dans une action humanitaire, ces élèves ont très vite pris le recul nécessaire à tout engagement. Ils attendent maintenant avec impatience le prochain rendez-vous avec l’Unicef, dans plusieurs semaines, qui leur donnera des nouvelles de l’Asie…

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