UNICEF appelle les pays à revenu élevé à davantage tenir compte des enfants dans les mesures de relance post-COVID

Publié le 11 décembre 2020

Alors que les gouvernements du monde travaillent à la mise en place de politiques publiques post-COVID, les mesures dédiées au soutien des enfants et de leurs familles restent largement insuffisantes dans les pays à revenu élevé. UNICEF interpelle sur l’urgence de renforcer les systèmes de protection sociale et les politiques publiques de relance en faveur de l'enfance.

Face à la crise de la COVID-19 et ses répercussions socio-économiques, les gouvernements du monde entier ont mobilisé des milliards de dollars pour apporter une réponse à cette crise et sauver leurs économies. Pourtant, sans politique publique spécifique, nous nous exposons à une autre perte dévastatrice : celle d’une génération d’enfants.

Véritable crise des droits de l’enfant, la COVID-19 a fait reculer considérablement les progrès vers la réalisation des objectifs de développement durable et les enfants continuent d'en payer le prix fort : recul de leurs droits, inégalités exacerbée, précarité en hausse…

Selon un nouveau rapport réalisé par le Bureau de la recherche d'UNICEF-Innocenti, la pauvreté des enfants devrait rester au-dessus des niveaux pré-COVID pendant au moins cinq ans dans les pays à haut revenu. Pourtant, pendant la première vague de la pandémie, seuls 2 % de l'aide financière fournie par les gouvernements des pays de l'OCDE et de l'Union Européenne ont été alloués au soutien des enfants et des familles élevant des enfants.

« Le montant de l'aide financière affectée aux enfants et aux familles ne correspond pas aux graves retombées de la pandémie, ni à la durée pendant laquelle cette crise devrait frapper les plus jeunes citoyens de ces pays » alerte Gunilla Olsson, directrice du Bureau de recherche-Innocenti d'UNICEF. « Alors que la deuxième vague de COVID-19 renforce son emprise, nous devons rechercher un meilleur équilibre. Nous demandons aux gouvernements d'augmenter, de façon urgente, la protection sociale des enfants, parallèlement au soutien aux entreprises ».

UNICEF propose, dans ce rapport, des pistes stratégiques pour trouver plus d’équilibre, afin de répondre aux besoins des enfants et de leurs familles tout en octroyant des soutiens nécessaires aux entreprises, face aux retombées de la deuxième vague de COVID-19. Parmi celles-ci, UNICEF recommande notamment, de veiller à ce que des politiques familiales inclusives - conçues spécifiquement pour protéger les enfants de la pauvreté et améliorer le bien-être de tous les enfants - soient intégrées au cœur des réponses de relance de la COVID-19.

En France, UNICEF France salue la décision du gouvernement d’avoir maintenu les établissements scolaires ouverts lors du second confinement : « Nous nous réjouissons que la France fasse partie des pays qui ont proposé des mesures spécifiques à destination des familles. Cependant, la part des prestations allouées spécifiquement aux enfants et à leurs familles gagnerait à être renforcée et complétée, afin d’atteindre les familles les plus vulnérables, souvent invisibles. Alors qu’un enfant sur cinq vit dans la pauvreté en France, il est indispensable que des mesures soient prises pour éviter que davantage de familles et d’enfants sombrent dans la précarité et la pauvreté et qu’elles soient inscrites sur le long terme » explique Sébastien Lyon, directeur général d’UNICEF France.

Depuis le début de la pandémie, UNICEF s’engage et travaille avec les communautés, les gouvernements et ses partenaires, pour limiter la propagation de la COVID-19 et réduire au maximum les incidences socioéconomiques de l’épidémie sur les enfants et leur famille.

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