Urgence silencieuse au Caucase

Publié le 26 décembre 2005 | Modifié le 31 août 2015

Alors que la violence armée persiste en Tchétchénie, la population civile est la principale victime de ce conflit.

La disparition de l'URSS a entraîné la création de trois nouveaux États (l'Arménie, la Géorgie et l'Azerbaïdjan) confrontés à de graves difficultés économiques et déchirés par de multiples conflits : l'Arménie et l'Azerbaïdjan se disputent le Karabakh, région de l'Azerbaïdjan, réclamée et occupée par l'Arménie, alors que la Géorgie doit faire face au séparatisme en Abkhazie, ainsi qu'en Ossétie du Sud. Par ailleurs, un conflit perdure depuis décembre 1994 en Tchétchénie. L'armée russe tente de soumettre par la force les nationalistes tchétchènes qui refusent d'adhérer à la Fédération de Russie et réclament leur indépendance.

Alors que la violence armée persiste en Tchétchénie, la population civile est la principale victime de ce conflit : des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées, d’autres se sont réfugiées dans les provinces voisines. Au 31 août 2005, et malgré les rapatriements forcés massifs intervenus les années précédentes, le Haut Commissariat pour les réfugiés dénombrait près de 30 000 Tchétchènes déplacés en Ingouchie. Certains déplacés rentrés chez eux en Tchétchénie sont revenus en Ingouchie car ils ne se sentaient pas en sécurité ou leur logement étaient devenus inhabitables.

La très grande majorité des personnes déplacées sont des femmes (40%) et des enfants (40%), le reste regroupant des hommes souvent blessés. La majorité des personnes déplacées sont logées chez des particuliers. Les autres personnes déplacées en Ingouchie se répartissent dans des camps ou des sites d'accueil gérés par des agences de l’ONU et des organisations non gouvernementales.

Un programme intégré des Nations unies vise à satisfaire les besoins des déplacés dans les domaines suivants: aide alimentaire, abris, soins sanitaires et nourriture, matériel de secours, eau et installations sanitaires, éducation. Parallèlement à ces programmes, l'ONU mène des actions de sensibilisation et collabore avec le Gouvernement sur diverses questions liées à la protection juridique des personnes déplacées. En Ingouchie et au Daguestan, ainsi que dans d’autres régions de la Fédération de Russie, le statut juridique des Tchétchènes déplacés n’a pas été établi. Malgré une disposition prise à ce sujet dans la législation russe, il reste, selon le HCR, à définir les documents dont ils doivent être pourvus ainsi que leurs droits.

Tout comme les réfugiés tchétchènes, les habitants d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud en Géorgie sont tributaires de l'aide humanitaire pour leur bien-être. En effet, ces régions baignent aussi dans un climat d’insécurité et de violence latentes. La menace constante d’un regain de violence ou d’un accroissement des tensions politiques accroît la vulnérabilité d’une population déjà durement touchée par une crise endémique. Les services de santé sont privés des ressources nécessaires pour aider la population. Les approvisionnements en médicaments et en équipements essentiels ne sont pas réguliers. Il n’y a pas de source d’eau potable et d’installations électriques et sanitaires adéquates dans les foyers et les infrastructures publiques. La qualité de l'éducation est préoccupante. La plupart des écoles manquent d’équipements et beaucoup d’enfants sont livrés à eux-mêmes.

Les programmes d’aide humanitaire sont essentiels à la survie des populations touchées par les conflits latents du Caucase. Malheureusement, ils sont toujours sous-financés. Par exemple, les besoins de l’UNICEF Géorgie pour ses programmes en 2005 s’élèvent à 1,6 million de dollars. Seuls 387 700 dollars ont été reçus à ce jour. Il serait très préjudiciable que ces programmes s’arrêtent.

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