Urgence silencieuse en Centrafrique

Publié le 11 avril 2007 | Modifié le 31 mars 2016

L'Unicef France envoie une aide de 300 000 € pour soutenir des "espaces scolaires sécurisés" destinés aux enfants ayant fui leurs villages dans le nord du pays.

L'Unicef France envoie une aide de 300 000 € pour soutenir des "espaces scolaires sécurisés".

Le conflit qui affecte, depuis 2006, le Nord de la Centrafrique aggrave la situation des populations de cette région et déteriore de manière dramatique l’accès à l’éducation déjà précaire dans ce pays.

Dans les cinq préfectures du Nord qui bordent la frontière tchadienne - zone des conflit - le nombre d’enfants en âge d’être scolarisés s’élève à 226 000. Avant le déclenchement de la crise, près de 40% de ces enfants étaient inscrits à l’école, soit environ 105 000. Or, à l’heure actuelle, dans cette même région, près de 75% d’entre eux sont privés de leur droit à l’éducation. L’Unicef France a donc décidé d’envoyer une première aide de 300 000 € qui sera affectée sur un programme d’éducation des enfants en situation d’urgence.

Depuis le début du conflit, près de 282 000 personnes, dont 85 000 enfants, ont du fuir leur habitation pour trouver refuge dans la brousse ou encore dans les pays frontaliers de la Centrafrique. Aujourd’hui, au Nord du pays, 75% des villages ont été abandonnés par leurs habitants apeurés, un grand nombre ayant été brûlés et le peu d’infrastructure existante, comme les écoles et hôpitaux, saccagés ou pillés.

Les espaces scolaires sécurisés : un premier pas pour protéger les enfants

Les populations réfugiées dans la brousse vivent actuellement sans aucune infrastructure de base, dans des conditions très difficiles. L’insécurité régnante ne leur laisse pas la possibilité de regagner leurs villages déjà détruits et empêche, de fait, les enfants de se rendre à l’école. Des témoignages collectés auprès des communautés affectées montrent que les familles estiment qu’un des premiers besoins pour leurs enfants est de regagner l’environnement éducatif. L’école est le lieu d’apprentissage, d’échange et de resserrement du lien social, pouvant participer à stabiliser la situation des enfants, à leur redonner un cadre de vie "normal", un semblant de vie quotidienne.

Dans certaines zones où les populations en fuite se sont retranchées, des écoles de brousse improvisées ont été développées par les communautés elles-mêmes, les parents prenant alors le rôle d’enseignants.

L’Unicef développe donc dans la zone Nord un premier programme d’urgence visant à assurer à 50 000 enfants une éducation minimale de qualité. L’appui de 300 000 € de l’Unicef France permettra de toucher 9 000 de ces enfants.

Cette approche communautaire intégrée montre des avantages divers :

  • permettre aux enfants de retrouver, dans une situation d’urgence, un environnement protecteur et un cadre de vie normalisé ;
  • engager la communauté sur un projet commun d’éducation des enfants ;
  • initier à travers la mise en place des espaces scolaires un travail de sensibilisation et de prévention concernant les droits de l’enfant, l’hygiène, le VIH/sida et l’enrôlement des enfants soldats ;
  • permettre, via ces espaces scolaires, aux enfants et familles d’accéder plus facilement à d’autres services d’assistance, tels que le suivi nutritionnel, le contrôle de l’état de santé ainsi que l’enregistrement des enfants à l’état civil.

Le projet "Espaces scolaires sécurisés" va s’appuyer sur une approche en trois phases construite autour des axes suivants :

Phase 1 : urgence
Le projet vise à rétablir une éducation scolaire pour les enfants déplacés. Des "Espaces scolaires sécurisés" seront mis en place sur leur lieu de vie actuelle, des parents-enseignants formés, des kits d’éducation distribués et un soutien sera apporté aux organisations communautaires afin que les "parents-enseignants" soient rémunérés pour leur travail.

Phase 2 : rétablissement
Le projet aura pour but d’engager le retour à l’école des enfants, particulièrement dans les zones où les conditions sécuritaires pour les populations leur permettront de retourner chez eux. Un travail de réhabilitation et de reconstruction des structures scolaires sera entrepris et des matériaux pédagogiques adaptés seront mis à disposition des enseignants et élèves.

Phase 3 : renforcement
Il s’agira d’atteindre l’objectif d’un accès généralisé des enfants à une éducation de qualité, via le renforcement des capacités du Ministère de l’Education à un niveau central mais aussi décentralisé ainsi que par le renforcement des communautés dans la gestion de l’éducation à un niveau local.

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