Vaincre le VIH/SIDA et sa stigmatisation, la belle histoire de Livey

Publié le 06 décembre 2016 | Modifié le 07 décembre 2016

Livey avait 17 ans et était enceinte de son fils Rémi lorsqu’elle a appris qu’elle était séropositive. La seule chose qu’elle savait sur le VIH, le virus qui cause le SIDA, c’est qu’il pouvait être mortel. Avec le soutien de l’UNICEF et grâce aux traitements antirétroviraux, elle a réussi à traverser cette période difficile tout en empêchant la transmission du virus à son fils. Une belle histoire qu’elle vous raconte…

Par Livey, jeune maman namibienne.

Je pensais que j’allais mourir, douloureusement et toute seule. Tout le monde, même ma mère, m’avait rejetée. J’ai été forcée de quitter ma maison. Mon directeur m’a annoncé que je ne pouvais plus venir à l’école, puisque j’allais contaminer les autres. C’était à ce moment que je me suis effondrée. J’adorais l’école.
Ma grand-mère était la seule qui voulait encore me faire des câlins. Plus personne ne voulait me toucher. Elle m’aimait inconditionnellement et m’a accueillie chez elle.

En 2000, un an avant de contracter le VIH, 1 décès sur 100 liés au VIH/SIDA concernait un adolescent. Près de deux décennies après, le problème a empiré. En 2015, 1 décès sur 25 liés au VIH/SIDA était un adolescent.
Ces chiffres sont extrêmement alarmants. L’année dernière, dans le monde entier, près de 1,8 million de jeunes entre 10 et 19 ans vivaient avec le VIH, une augmentation de 28% comparée à 2005. La moitié de ceux qui sont contaminés vivent dans cinq pays seulement : l’Afrique du Sud, le Nigeria, le Kenya, l’Inde et la Tanzanie.

Mon village, qui se trouve à deux heures de route de Windhoek, la capitale de la Namibie, n’a pas échappé à la propagation de cette maladie. Heureusement, l’UNICEF ne connaît pas de frontières. Grâce à leur aide et leur soutien, j’ai pu participer à un programme qui m’a donné accès au traitement antirétroviral vital dont j’avais besoin pour survivre. Le traitement a également permis d’empêcher que mon fils ne soit contaminé par le virus VIH. Cela m’a donné énormément de courage de poursuivre.

Émue, Livey est reconnaissante envers les équipes de l’UNICEF qui l’ont aidée à survivre, elle et son fils. ©UNICEF/UN036947/Torgovnik / Verbatim Photo Agency

Quand j’ai quitté l’hôpital, j’avais de nouveau une raison de vivre. J’ai décidé à ce moment précis, que je voulais me réveiller chaque matin et faire face à n’importe quel défi qui se présenterait à moi. Je voulais continuer de vivre et ne pas laisser d’autres personnes me priver de ma vie. Je voulais apprendre. Je voulais devenir journaliste et avocate. J’avais à nouveau des rêves pour ma vie.

J’ai alors commencé à éduquer les gens de Witvlei, mon village, qui m’avaient évitée, pendant un moment, à cause du VIH/SIDA. J’ai encouragé et motivé d’autres personnes séropositives ou souffrant du SIDA à revendiquer leurs droits et à se battre pour leur vie. Finalement, ils m’ont demandé de les défendre et de devenir maire. À 26 ans, j’étais le maire le plus jeune que Witvlei ait jamais connu, moins d’une décennie après avoir été diagnostiquée de VIH.

Aujourd’hui, mon fils Rémi est adolescent et il va très bien. Je suis agent en relations publiques. Mais l’histoire du VIH/SIDA dépasse mon cadre de vie personnel. Je me suis engagée à utiliser ma voix pour raconter des histoires qui sans cela n’auraient jamais été rendues publiques.

Si beaucoup de choses ont été réalisées pour réduire considérablement le risque de transmission de la mère à l’enfant, nous ne pouvons pas céder du terrain dans la lutte contre le virus. Dans le monde entier, 1,8 million d’adolescents vivaient avec le VIH en 2015, une augmentation de 28% depuis 2005. Aucun progrès n’a été réalisé au niveau de la réduction de nouvelles infections des jeunes entre 10 et 19 ans, spécialement en ce qui concerne les filles adolescentes. Plus de vigilance s’impose pour cette tranche d’âge, beaucoup plus.

Mon espoir – notre espoir – c’est d’arriver à zéro nouvelles infections parmi les jeunes, à une génération sans VIH.

Média

Livey vous raconte son histoire, son combat

Découvrez le témoignage en anglais de Livey, survivante du VIH-SIDA, et qui a pu empêcher la transmission du virus à son fils Rémi.