Yémen : les mille jours de guerre laissent les enfants exsangues

Publié le 19 décembre 2017 | Modifié le 19 décembre 2017

Au terme d’un conflit qui s’éternise depuis bientôt trois ans, les ressources en eau diminuent à toute vitesse au Yémen, pénalisant gravement la santé et la vie de millions d’enfants.

Le Yémen a passé le seuil des mille jours de conflit et les premières victimes de cette guerre sont les enfants. Les importations du pays ont diminué en flèche et ses ressources en carburant ont atteint un seuil critique. Sans carburant, impossible de puiser de l’eau potable et de l’acheminer jusqu’aux enfants. Cette pénurie frappe de plein fouet la population, déjà affaiblie par une épidémie de choléra de grande ampleur.

« Cela n’aurait pas pu arriver à un pire moment pour les enfants du Yémen déjà fragilisés par la violence et la malnutrition, déplore Gert Cappelaere de l’UNICEF. Pour deux tiers des Yéménites qui vivent dans une extrême pauvreté, il est désormais hors de prix de pouvoir boire de l’eau potable. » Le coût du carburant a doublé en un mois et les stations de pompage de 14 villes sont quasiment à sec. Elles abreuvaient jusqu’ici 3 millions de personnes.

Les 20% de Yéménites qui bénéficiaient de l’eau livrée par des camions-citernes sont eux aussi directement touchés : le prix a été multiplié par deux en moyenne, et même par six dans certaines régions. L’UNICEF et ses partenaires sont également affectés par la pénurie de carburant. Avec la hausse exorbitante des prix, il devient de plus en plus difficile de répondre aux besoins vitaux des enfants et de continuer à distribuer chaque mois près de 450 000 litres d’eau à travers le pays.

L’UNICEF estime que 250 000 enfants de moins de cinq ans souffrent de diarrhées et du choléra. Plus de 385 000 enfants luttent pour survivre malgré la malnutrition. Et un enfant meurt toutes les 10 minutes alors qu'on pourrait l'éviter. Tel est le triste bilan de ces 1000 jours de guerre au cours desquels l’aide humanitaire a été restreinte par les acteurs du conflit. « Les enfants du Yémen ont déjà trop souffert et depuis trop longtemps », rappelle Gert Cappelaere.

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