Za’atari : un an après, 120 000 réfugiés, plus de 60 000 enfants

Publié le 29 juillet 2013 | Modifié le 08 janvier 2016

Il est de ces anniversaires que l’on souhaiterait ne pas fêter. C’est le cas pour le camp de réfugiés syriens de Za’atari, en Jordanie. Un an après la création du camp et malgré les difficultés, la vie s’est organisée. Hôpitaux, écoles, infrastructures d’assainissement : le camp de réfugiés est devenu une ville, grâce à l’action de l’UNICEF et des autres organisations. Mais beaucoup reste à faire.

 « Pour habiter à Za’atari, il faut ne pas avoir d'autres options. »

« A Za’atari, il fait 36°C à l’ombre. Sauf que l’ombre, il n’y en a pas. » Pour Marc Vergara, responsable de communication à l’UNICEF en Jordanie, le constat est simple. « Le camp de Za’atari n’est pas un endroit où l’on choisirait de vivre. »
 
Car le camp de réfugiés de Za’atari est implanté dans le désert de Jordanie. L’endroit est désolé, balayé par les vents. « Le sable rentre dans les tentes… Il n’y a rien ici. Les gens n’ont pas d’alternative. » Prévu à l’origine pour quelques milliers de personnes, le camp accueille aujourd’hui plus de 120 000 Syriens ayant fui le conflit dans leur pays, devenant ainsi la cinquième ville de Jordanie. « Ils veulent rentrer chez eux, mais ils savent aussi que ce n’est pas pour tout de suite ».
 
Face à ce constat, les habitants de Za’atari se sont organisés, avec l’aide des organisations internationales comme l’UNICEF. « Il y a un an, il n’y avait rien. On apportait l’eau avec des bidons, il n’y avait pas d’école ni de programmes de santé. Aujourd’hui des infrastructures d’assainissement ont été construites, les enfants peuvent aller à l’école et les baraquements commencent à remplacer les tentes. »
 

Des progrès remarquables pour l’eau et l’assainissement

 
Depuis la création du camp, L’UNICEF approvisionne les réfugiés en eau. 4000 litres sont livrés chaque jour. L’UNICEF construit également  des fosses sceptiques ainsi que des puits afin d’éviter de monopoliser l’eau des régions environnantes de Za’atari.
 
« Nous projetons également de construire une usine de traitement des eaux usées. » C’est dans cet esprit de planification à long terme que doit être construit le prochain camp d’accueil de réfugiés d’Azraq en Jordanie : « Tout ce qu’on peut faire, c’est planifier sur plusieurs années en espérant que le conflit s’arrête. »
 

L’éducation, un pari pour l’avenir

 
L’UNICEF travaille également sur des programmes d’éducation à Za’atari : « Pour reconstruire la Syrie, il faut que les enfants aillent à l’école. Ce sont eux qui reconstruiront le pays. » A l’heure actuelle, sur les 180 000 enfants qui devraient aller à l’école à Za’atari et dans les communautés d’accueil, seulement 40 000 sont scolarisés.
 

L’UNICEF a lancé des campagnes de retour à l’école, aussi bien à Za’atari que dans les communautés d’accueil, auprès des parents, des imams, des enseignants et des ONG. La rentrée est prévue pour le 1er septembre.
 
« Le pire, c’est que les enfants veulent aller à l’école. » Mais les problèmes de sécurité dans l’enceinte du camp ainsi que le travail des enfants sont autant d’obstacles à franchir. « Les enfants ont parfois repris le rôle du père, mort ou resté en Syrie. Ce sont eux qui ramènent l’argent à la maison. »
 

Le retour à une vie « presque normale »

 
Le conflit en Syrie a profondément marqué les enfants de Za’atari et des provinces environnantes. Pour Marc Vergara, c’est certainement l’une des conséquences les plus dramatiques du conflit : « il y a un sentiment de perte énorme. 120 000 vies ont été brisées du jour au lendemain. Ces gens avaient des vies normales en Syrie, aujourd’hui ils dorment dans des tentes. »
 
Les enfants, représentant plus de la moitié de la population dans le camp, sont les premières victimes du conflit. Témoins d’événements traumatisants, il est parfois difficile de leur redonner une vie normale. C’est pour cela que l’UNICEF organise des activités récréatives dans des espaces protégés au sein du camp de Za’atari.
 
L’appel de l’UNICEF pour la Jordanie datant de début juin a été estimé à 115 millions d’euros. A l’heure actuelle, 56% de cet appel été financé, soit 64 millions d’euros depuis janvier.
 
Aujourd’hui, l’UNICEF a besoin de votre aide pour aider ces enfants à se construire un avenir.

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