Mariage précoce : le triste sort des filles rohingyas assignées à domicile

Publié le 08 octobre 2018 | Modifié le 08 octobre 2018

De nombreuses filles rohingyas sont mariées alors qu’elles ne sont que des enfants. Dès qu’elles sont pubères, elles n’ont plus le droit de quitter la tente et doivent se consacrer aux tâches ménagères.

« Quand je serai grande, je ne pourrai plus sortir aussi librement qu’aujourd’hui, nous confie Samira, 12 ans. Quand une fille a ses premières règles, elle ne peut plus sortir et se déplacer. » Dans les familles rohingyas, cette tradition est malheureusement très répandue : les filles pubères ne sont pas libres de leurs mouvements et doivent pour la plupart rester à la maison jusqu’à leur mariage. Cette pratique se perpétue dans les camps de réfugiés du Bangladesh où près de 700 000 Rohingyas sont arrivés depuis l’été dernier après avoir fui le Myanmar. Pour les jeunes filles réfugiées, cela signifie passer des semaines entières sans autre horizon que leur tente. Dans ces espaces contigus, les filles ne peuvent s’occuper qu’en faisant la cuisine ou le ménage.

Mariages précoces : l’UNICEF agit auprès des familles

Samira redoute cette perspective. Avec une quinzaine d’autres filles, elle se rend régulièrement dans un Espace ami des enfants mis en place par l’UNICEF. « Quand on est ensemble, on est heureuses », explique-t-elle. Mais elle garde ses visites secrètes car ses parents la puniraient s’ils l’apprenaient. « Quand ma grande sœur demande si elle peut sortir, mes parents la grondent très fort, révèle Samira. Pour eux, c’est mal si une jeune fille seule parle avec un homme. Et ils ont peur qu’en la voyant seule, un homme l’accoste. »

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Pour que les filles disposent de leur autonomie mais aussi d’un accès à l’éducation et aux loisirs, l’UNICEF œuvre auprès des familles. Shaila Parveen Luna, une spécialiste de la protection des enfants a rencontré plusieurs familles pour les inciter à renoncer au mariage précoce. Il est primordial que les filles aient atteint une certaine maturité avant le mariage. De nombreuses familles rohingyas estiment cependant qu’en mariant ces fillettes, elles échapperont aux sollicitations des hommes, aux viols et aux agressions sexuelles. Même si mettre fin à cette coutume s’avère très difficile, Shaila Parveen Luna se satisfait de voir que le sujet n’est plus tabou et que des discussions ont lieu.

Ce que nous faisons pour les filles rohingyas

À l’UNICEF, nous agissons et intervenons auprès des gouvernements et de la communauté internationale pour que tous les enfants rohingyas, quel que soit leur genre, puissent bénéficier d’une éducation primaire. En sachant lire, écrire et compter, ces enfants seront mieux préparés pour l’avenir. Nous insistons aussi pour que des politiques de sécurité soient mises en place afin d’empêcher les enlèvements et le trafic d’enfants. Avec les Espaces amis des enfants que nous implantons, nous cherchons à donner aux enfants la confiance et l’assurance nécessaire pour qu’ils grandissent dans les meilleures conditions et dévoilent toutes les facettes de leur potentiel.

Pour permettre aux filles rohingyas d’inventer leur avenir, faites un don à l’UNICEF.

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