La malnutrition dans le monde : les plus vulnérables dans le viseur

Publié le 08 août 2011 | Modifié le 29 septembre 2015

Conséquence directe d’une alimentation inadéquate, souvent aggravée par des maladies infectieuses,    la malnutrition fait encore des ravages aujourd’hui. D’énormes progrès ont été réalisés ces dernières années, tant sur les enjeux de prévention que sur la prise en charge. Malgré ces avancées, il reste encore beaucoup à faire pour éradiquer ce problème de santé, au niveau mondial. Découvrez notre nouveau dossier. 

Encore très présente en Afrique sub-saharienne et en Asie, la malnutrition provoque chaque année la mort de 3 à 5 millions d’enfants. Un chiffre alarmant alors que les réponses en matière de prévention existent aujourd’hui. À elles deux, la malnutrition et la famine tuent plus que le sida, le paludisme et la tuberculose réunis.

À ne pas confondre avec la famine, la malnutrition se traduit par un déséquilibre entre la façon dont un individu s’alimente et les besoins vitaux de son organisme. Par exemple, une personne obèse peut souffrir de malnutrition, car son alimentation comporte des quantités trop importantes de gras ou de sucre. À l’inverse, une personne souffrant aussi de malnutrition peut rencontrer des dysfonctionnements liés à une alimentation trop pauvre en calories, peu variée ou de mauvaise qualité. Ce sont les jeunes enfants des pays en développement qui sont les plus vulnérables, même si de nombreux adultes souffrent aussi de malnutrition.

Les causes….

La malnutrition est la résultante de plusieurs facteurs. Pauvreté, manque d’accès aux soins de base, ajoutés à un environnement insalubre et à des installations sanitaires insuffisantes, tous ces facteurs contribuent à augmenter le risque de malnutrition. Par conséquent, la lutte contre la malnutrition passe par une meilleure compréhension de ces causes sous-jacentes, pour mieux prévenir ce problème.

La pauvreté seule n’entraîne pas la malnutrition. Cependant, elle a un impact très fort sur l’accès à la nourriture. Le manque de produits alimentaires sur les marchés, l’accès difficile aux lieux d’approvisionnement, en raison d’un manque de transports ou de moyens financiers suffisants,  participent à l’insécurité alimentaire des populations les plus vulnérables. D’autres facteurs contribuent également à augmenter le risque de malnutrition : les périodes de soudure, l’augmentation du prix des denrées alimentaires de base, les changements climatiques, les catastrophes naturelles, les épidémies ou encore les conflits.

…et les conséquences

La malnutrition a un impact direct sur le développement physique et psychologique d’un individu. Mais elle pèse également sur l’économie d’un pays, car elle engendre notamment des programmes de santé coûteux et vient à l’encontre de la productivité du pays concerné.

Sur le plan physique, quand la quantité de nourriture ingurgitée est inférieure aux besoins :

1)    L’organisme commence à s’affaiblir
2)    La graisse disparaît en premier, les muscles fondent.
3)    Entre 0 et 5 ans, l’enfant a des besoins nutritionnels spécifiques. Si son alimentation est insuffisante, en quantité, comme en qualité, il s’affaiblit, puis il subit un retard de croissance.
4)    Si les carences s’aggravent, son organisme va consommer ses propres tissus.
5)    Le risque de décès devient alors beaucoup plus important.

Sur le plan psychologique aussi, la malnutrition sur l’organisme peut aussi laisser des traces.

1)    Si un enfant malnutri n’est pas rapidement pris en charge avant l’âge de deux ans, la malnutrition laissera des séquelles durant toute sa vie. (retard dans le développement intellectuel)
2)    Dans son quotidien, l’enfant est très exposé aux risques d’infections, il tombe fréquemment malade.
3)    S’il allait à l’école jusque là, le fait d’être atteint de malnutrition empêche l’enfant de se concentrer à l’école et souvent, il abandonne temporairement ou définitivement la cadre scolaire.
 
Il existe deux grands types de malnutrition : la malnutrition chronique et la malnutrition aiguë. La malnutrition chronique est due à des carences nutritionnelles persistantes dans le temps. Elle se traduit par un retard du développement de l’enfant, notamment un retard de croissance. La malnutrition aiguë est le degré le plus grave de la malnutrition : à ce degré-là, le corps commence à consommer ses propres tissus pour y trouver de l’énergie et des composants nutritionnels nécessaires à sa survie, faisant alors fondre les muscles. Dans les deux cas, une prise en charge rapide et efficace est indispensable.

*Prévalence : nombre total de cas de maladies enregistrés sur une population donnée, à une période ou à un moment donnés.

Prévalence de la malnutrition

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Pourcentage d’enfants âgés de moins de 5 ans souffrant de malnutrition aiguë modérée ou de malnutrition aiguë sévère.

 moins de 2,5% 2,5 - 4,9%
 5 - 9,9% 10% ou plus
Source : Unicef (2003 – 2008).

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195 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrent d’un retard de croissance dans le monde, 90 % d’entre eux vivent en Afrique sub-saharienne et en Asie.
Près de la moitié des décès d’enfants de moins de 5 ans sont dus à la malnutrition.
Plus de 900 millions de personnes dans le monde sont sous alimentées.

Face à la malnutrition, les populations les plus vulnérables sont les populations pauvres, les réfugiés et les déplacés (40% sont des enfants), et les personnes atteintes du VIH-Sida.

Inscrit dans la Déclaration des Droits de l’Homme, la Convention Internationale des droits de l’enfant et les Objectifs du Millénaire pour le Développement, le droit à la nutrition est encore loin d’être appliqué partout dans le monde.